Face aux spectres des épidémies : Et si la clé du succès contre Ebola résidait dans l’acier et le béton ?

27 Juillet 2026 - 12:40
27 Juillet 2026 - 12:41
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Face aux spectres des épidémies : Et si la clé du succès contre Ebola résidait dans l’acier et le béton ?

Pendant des années, la stratégie face au virus Ebola a souvent ressemblé à une intervention d’urgence permanente. Dès l’apparition d’un foyer, un ballet bien rôdé se mettait en place : déploiement de tentes médicales, kits sanitaires d'urgence, renforts internationaux massifs. Une fois l'épidémie maîtrisée, le calme revenait, le matériel pliait bagage laissant les communautés locales tout aussi vulnérables qu'avant la crise.Par Dieudonné UYIRWOTH JAKWONG’A

Aujourd’hui, le gouvernement entend casser ce cercle vicieux. En réclamant des infrastructures sanitaires durables, le pouvoir exécutif ne demande pas seulement un meilleur système de soins : il opère un changement d'angle radical, passant d'une logique de réaction d'urgence à une véritable stratégie d'anticipation et de souveraineté sanitaire.

Sortir de "la dictature de l'urgence"

Jusqu'ici, la riposte s'est souvent appuyée sur du matériel temporaire. Utile sur le moment, certes, mais volatil. Une fois l'épidémie déclarée vaincue, l'absence de structures solides réutilisables condamnait les zones affectées à repartir de zéro lors de la vague suivante.

Investir dans du béton, du matériel médical de pointe ancré dans le paysage local et des réseaux d'eau et d'assainissement pérennes, c'est construire une muraille permanente. Il ne s'agit plus de "traiter la crise", mais de vacciner le territoire contre l'imprévisibilité 

Ce virage vers le durable répond également à un enjeu humain et social majeur. Les centres de traitement d'urgence sous bâche ont parfois alimenté la méfiance, voire la suspicion des populations, renforçant l'impression d'une médecine "de passage" gérée par des acteurs extérieurs.

Au contraire, l'installation d'hôpitaux modernes, de laboratoires de pointe intégrés et de centres de recherche locaux transforme la perception publique :

1. Un ancrage rassurant : Un bâtiment en dur devient un point de référence et de sécurité pour la population, même en dehors des périodes épidémiques.

2. Un double emploi bénéfique : En temps calme, ces infrastructures renforcent le système de santé général (soins maternels, chirurgie, traitement d'autres pathologies), rentabilisant chaque investissement.

3. La valorisation du personnel local : Des structures durables permettent de former, retenir et valoriser les professionnels de santé locaux sur le long terme.

Une opportunité économique et stratégique

La transition vers des infrastructures durables pose évidemment la question du financement. Construit-on des centres de santé résilients avec les fonds de la riposte ? La réponse doit être affirmative. Les milliards dépensés au fil des décennies dans des interventions d'urgence ponctuelles auraient déjà pu doter la région d'un réseau sanitaire de premier ordre.

En réorientant les investissements des bailleurs de fonds vers le domaine du BTP sanitaire et de la technologie médicale durable, le gouvernement fait d'une pierre deux coups : il renforce la résilience du pays tout en injectant des ressources dans l'économie locale.

Demander des infrastructures durables, ce n'est donc pas une simple requête technique. C'est une déclaration d'autonomie : le signe qu'il est temps d'arrêter de panser les plaies une par une pour commencer à bâtir, noir sur blanc, la santé de demain.

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