« Armée de clochards » entre réformes et sabotage
Lors d’un face-à-face organisé le 13 décembre dernier à Kinshasa, par le ministère de la jeunesse de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi s’est livré à des questions des jeunes axées sur l'emploi, l'entrepreneuriat, la lutte contre la précarité, le financement des projets, l'encadrement des start-up. Par Nath le brun
Devant près de 3.000 jeunes congolais, le président congolais a « craché » sur la condition de son armée (FARDC), qualifiant celle-ci d'« armée de clochards » à cause du manque d'attention portée à son égard, des matériels vétustes et des conditions de vie déplorables des soldats avant son arrivée au pouvoir. Il a ainsi justifié ses réformes militaires destinées à restaurer la dignité et l'efficacité des forces armées face aux enjeux sécuritaires, en particulier dans l'Est du pays.
« Lorsque je suis arrivé à la tête de ce pays, j’ai trouvé une armée composée de véritables clochards (qui vivaient dans des conditions misérables).
Je le dis très sincèrement : j’avais une admiration sans faille pour nos militaires, en particulier les militaires du rang. Car ces hommes étaient envoyés au combat sans rations, sans solde, sans munitions, sans encadrement, et on leur demandait pourtant de faire des miracles. Et il leur est arrivé, malgré tout, d’en accomplir. » a-t-il dit
Pour certains, l'attitude de Félix Tshisekedi manifeste clairement sa volonté d'introduire des réformes dans l'armée nationale, tandis que pour d'autres, cela s'apparente plutôt à un sabotage visant ceux qui ont défendu l'intégrité territoriale depuis près de trente ans.
Dans une tribune titrée : Péril en la demeure
Dégradation inquiétante de la parole présidentielle, Claudel Lubaya s’est indigné de ces propos de Félix Tshisekedi. Pour l’ancien député national congolais, à force d’osciller entre promesses reniées, engagements non tenus, déclarations changeantes et postures populistes, le Président de la République finit par exposer sa bipolarité.
« Deux figures cohabitent en lui : Félix Tshisekedi, chef de l’État censé incarner la rationalité et la responsabilité institutionnelle, et “Fatshi Béton”, un personnage de mise en scène permanente, davantage préoccupé par l’effet d’annonce que par l’action publique. » a-t-il évoqué
Au bout de quelques heures, la réaction des survivants de la guerre en RDC, y compris des militaires, n'a pas tardé. Ils ont manifesté leur mécontentement à l'égard du président congolais qui, selon leurs dires, a négligé leurs efforts sur le terrain.
Entre-temps, les déclarations de Félix Tshisekedi se situent dans un climat de tensions, marqué par des inquiétudes internationales sur la présence des troupes rwandaises qui soutiennent le M23 et des demandes pour une restructuration des forces congolaises afin de protéger le pays.
Il convient de rappeler qu'à son accession à la présidence en 2019, Félix Tshisekedi avait déclaré avoir hérité d'une armée bien organisée, classée dixième sur le continent et qui faisait preuve de sa puissance militaire lors des parades du jour de l'indépendance de la RDC, célébrée le 30 juin chaque année.
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