RDC : Patience Kimina Phongo défend une révision constitutionnelle “patriotique”

15 Mai 2026 - 08:27
15 Mai 2026 - 08:44
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RDC : Patience Kimina Phongo défend une révision constitutionnelle “patriotique”

La révision de la Constitution de la République démocratique du Congo est aujourd’hui une nécessité pour adapter certaines dispositions aux réalités politiques, sécuritaires et géostratégiques actuelles du pays. C’est la position fermement défendue par Patience Kimina Phongo, qui plaide pour une réforme constitutionnelle ciblée, tout en rejetant catégoriquement l’idée d’un changement total de la Constitution de 2006.

Dans une intervention axée sur les questions de souveraineté nationale et de stabilité institutionnelle, cette spécialiste des sciences de l’information et de la communication estime que plusieurs articles de la Constitution méritent aujourd’hui une réévaluation sérieuse afin de mieux répondre aux défis contemporains auxquels fait face la République démocratique du Congo.

Professeure assistante à UNISIC et figure active de la Diaspora congolaise émergente aux États-Unis, Mme Kimina Phongo affirme que le débat constitutionnel doit être abordé avec responsabilité, hauteur d’esprit et maîtrise des textes juridiques. Selon elle, la Loi fondamentale de 2006 a été élaborée dans un contexte historique exceptionnel, marqué par les conflits armés, les négociations politiques et la recherche d’un compromis national après l’assassinat du président Laurent-Désiré Kabila.

Elle rappelle que les Accords de Sun City avaient essentiellement pour objectif de mettre un terme à la guerre et de réunifier les différentes composantes politiques et militaires du pays. Ce processus avait débouché sur la transition dite “1+4”, conduite sous le régime du président Joseph Kabila.

“La Constitution actuelle est née dans une logique de compromis politique destinée à restaurer la paix. Mais près de vingt ans après, certaines réalités ont profondément évolué et plusieurs dispositions doivent être adaptées”, soutient-elle.

Patience Kimina Phongo insiste cependant sur la différence fondamentale entre révision constitutionnelle et changement de Constitution. Pour elle, la révision consiste à modifier certains articles précis sans remettre en cause l’ensemble du texte constitutionnel ni les institutions de la République.

À l’inverse, explique-t-elle, un changement total de Constitution conduirait automatiquement vers une nouvelle République avec un nouvel ordre institutionnel, politique et juridique. L’intellectuelle congolaise estime ainsi que le débat actuel est souvent faussé par des interprétations politiques et émotionnelles qui entretiennent volontairement la confusion au sein de l’opinion publique.

Parmi les dispositions qu’elle considère comme sensibles, Mme Kimina Phongo cite notamment les articles 214, 216 et 217 de la Constitution. Concernant l’article 217, relatif aux accords d’intégration africaine comportant un abandon partiel de souveraineté, elle estime que cette question mérite un débat national approfondi au regard des enjeux sécuritaires et territoriaux auxquels la RDC reste confrontée.

La présidente de la Diaspora congolaise émergente attire également l’attention sur l’article 216, qui prévoit qu’un accord international contraire à la Constitution ne peut être ratifié qu’après révision constitutionnelle. Selon elle, cette disposition pose la question de l’influence des engagements internationaux sur les choix souverains de l’État congolais.

Quant à l’article 214, qui traite notamment de la cession, de l’échange ou de l’adjonction du territoire national, la professeure assistante estime que ce sujet reste particulièrement sensible dans un contexte où l’intégrité territoriale demeure une préoccupation majeure pour de nombreux Congolais.

Malgré son plaidoyer pour une révision constitutionnelle, la dame de fer insiste sur la nécessité de préserver certaines dispositions fondamentales de la Constitution actuelle, notamment celles relatives à la souveraineté de l’État sur le sol et le sous-sol congolais.

“Notre démarche n’a rien à voir avec le partage du pouvoir ou une bataille politique. Elle vise avant tout le renforcement de l’État, de l’unité nationale et de la souveraineté du Congo”, affirme-t-elle.

Patience Kimina Phongo regrette par ailleurs que plusieurs acteurs politiques, universitaires et membres de la société civile prennent position sur la Constitution sans une lecture approfondie du texte fondamental. Selon elle, le débat constitutionnel exige davantage de pédagogie, de culture juridique et d’analyse scientifique afin d’éviter les manipulations politiques et les interprétations approximatives.

Cette prise de position intervient alors que la question de la révision constitutionnelle continue d’alimenter de vives tensions au sein de la classe politique congolaise. Entre les partisans d’une adaptation de certains articles et ceux qui redoutent une remise en cause de l’équilibre institutionnel actuel, le débat reste hautement sensible.

La présidente de la Diaspora congolaise émergente, Patience Kimina Phongo réaffirme son soutien à la vision du président Félix Tshisekedi sur la consolidation de l’unité nationale, de la paix et de la souveraineté du pays, tout en appelant les Congolais à aborder la question constitutionnelle avec responsabilité et patriotisme.

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