Mukwege dénonce l’hypocrisie politique autour de la Constitution et des minerais stratégiques en RDC
Dans une nouvelle sortie publique au ton particulièrement critique, Denis Mukwege a dénoncé ce qu’il considère comme une « incohérence politique » autour du débat constitutionnel en République démocratique du Congo. Le Prix Nobel de la paix 2018 affirme que plusieurs responsables qui dénoncent aujourd’hui une supposée « Constitution des étrangers » sont, selon lui, les mêmes qui négocient ou soutiennent la cession des minerais stratégiques du pays à des puissances étrangères en échange d’« hypothétiques garanties sécuritaires ». Par Emmanuel EKULE
Dans sa déclaration, l’ancien candidat à la présidentielle 2023 estime que le débat sur la souveraineté nationale ne peut être dissocié de la gestion des ressources naturelles congolaises. Sans citer nommément les personnalités visées, il accuse une partie de la classe politique d’entretenir un discours nationaliste dans l’espace public tout en favorisant, en coulisses, des accords susceptibles d’affaiblir l’indépendance économique et stratégique de la RDC.
Denis Mukwege rappelle également que plusieurs des acteurs engagés aujourd’hui contre une éventuelle révision constitutionnelle avaient pourtant manifestés il y a moins d’une décennie contre ce même projet. Pour lui, cette évolution de position traduit davantage des calculs politiques circonstanciels qu’une réelle constance idéologique. Cette déclaration intervient dans un contexte de fortes tensions autour des réformes institutionnelles et des partenariats sécuritaires et miniers conclus par Kinshasa avec certains partenaires étrangers.
Cette prise de position relance ainsi le débat sur la souveraineté, la gouvernance des ressources naturelles et l’avenir institutionnel du pays. Alors que la question de la révision de la Constitution continue de polariser la scène politique congolaise, les propos de Denis Mukwege risquent d’alimenter davantage les confrontations entre partisans du statu quo institutionnel et défenseurs d’une réforme présentée comme nécessaire pour répondre aux défis sécuritaires et politiques actuels de la République démocratique du Congo.


