Ebola : L'Ouganda contre-attaque face aux médias et à la RDC
Sous pression face à la résurgence d'Ebola dans les Grands-Lacs, le président ougandais Yoweri Museveni a choisi l'offensive politique. En ciblant la RDC et les médias occidentaux, Kampala tente de protéger son économie de la psychose. Par Redaction
Pour le président Yoweri Museveni, l'épidémie d'Ebola est un défi autant économique que sanitaire. Lors d'une longue allocution, le chef de l'État a minimisé la dangerosité du virus, le qualifiant de « beaucoup plus facile à contrôler » que le Covid-19 en raison de son mode de transmission par contact direct.
Derrière ce discours rassurant se cache une vive charge diplomatique. Le président ougandais a explicitement désigné la République Démocratique du Congo (RDC) comme le véritable foyer de la crise :
« La description correcte de l’épidémie est qu’elle est principalement au Congo, avec quelques personnes venues du Congo ici », a-t-il affirmé, qualifiant les malades recensés en Ouganda de « cas importés ».
Cette stratégie vise avant tout à rassurer les investisseurs et à protéger le secteur touristique. Museveni a d'ailleurs ouvertement critiqué les médias internationaux, ciblant notamment la chaîne américaine CNN, accusée de « répandre la peur par ignorance » à travers des chiffres jugés alarmistes.
Preuve de l'importance des enjeux financiers, Kampala refuse toujours de fermer sa frontière avec la RDC, privilégiant des contrôles thermiques et des restrictions ciblées sur certains marchés transfrontaliers. Un pari audacieux visant à maintenir les échanges commerciaux sans perdre le contrôle sanitaire.


