51ème session de l'APF au Cameroun : la Sénatrice Cathy Botema porte la voix de la femme congolaise
La Sénatrice Cathy Botema Mboyo a pris part à la cinquante-unième session de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, devant le Réseau des femmes parlementaires de la Francophonie, dont elle est membre permanente. Ce rendez-vous s'est tenu à Yaoundé, capitale du Cameroun. Dans sa prise de parole, cette élue de la chambre haute du parlement congolais a abordé plusieurs points essentiels sur la participation de la femme congolaise dans la sphère décisionnelle du pays. Par Martin EKAMA
Devant les femmes parlementaires, Cathy Botema Mboyo a dépeint un tableau sur l'état des lieux des femmes en République Démocratique du Congo qui, selon elle, présente des avancées juridiques importantes, mais leur mise en œuvre demeure inégale.
1. Cadre juridique
La RDC dispose d'un arsenal juridique favorable à la protection et à la promotion des droits des femmes.
La Constitution de 2006, telle que révisée à ce jour, garantit l'égalité entre les femmes et les hommes et consacre le principe de la parité (article 14) ;
La RDC a ratifié les principaux instruments internationaux, notamment la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDEF), le Protocole de Maputo et plusieurs conventions relatives aux droits humains.
Progrès réalisés en RDC
En matière de protection et de promotion des droits des femmes, la République Démocratique du Congo a réalisé quelques avancées non moins négligeables.
La réforme du Code de la famille a renforcé l'autonomie juridique de la femme mariée, notamment par la suppression de l'autorisation maritale préalable pour tout engagement juridique ;
L'adoption de la loi sur les violences sexuelles ;
L'amélioration de l'accès des filles à l'éducation primaire ;
Le développement des programmes d'autonomisation économique des femmes avec l'appui de partenaires nationaux et internationaux.
Sur la situation sociale et économique, celle que l'on surnomme la « Princesse de Bokungu », Cathy Botema Mboyo, a rappelé dans son discours que les femmes jouent un rôle essentiel dans l'agriculture, le commerce informel et l'économie familiale. Cependant, elles demeurent plus exposées à la pauvreté, au chômage et au manque de protection sociale. Elles rencontrent des difficultés d'accès au financement et aux nouvelles technologies.
Dans le volet politique, Cathy Botema Mboyo renchérit que la Constitution prévoit la parité, mais celle-ci est encore loin d'être effective. Les femmes restent sous-représentées au Parlement, dans les gouvernements, les entreprises publiques et les hautes fonctions administratives. Les partis politiques investissent encore peu dans l'alignement des candidatures féminines.
Pour relever ces différents défis, la Sénatrice Cathy Botema Mboyo formule les recommandations suivantes :
Recommandations prioritaires pour renforcer les droits des femmes en RDC :
Appliquer effectivement les lois existantes ;
Luter contre toutes les formes de violences basées sur le genre ;
Renforcer l'accès des femmes à la justice ;
Promouvoir l'effectivité de la parité dans les institutions publiques et politiques ;
Accroître l'autonomisation économique des femmes ;
Améliorer l'accès des filles à une éducation de qualité et au numérique.


