Le gouvernement Français déclare la guerre aux écrans : vers l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans
La France s’apprête à franchir un cap historique dans la régulation du numérique. L’Assemblée nationale a adopté une proposition visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans, une mesure soutenue par de nombreux scientifiques et largement approuvée par l’opinion publique. Présentée comme une réponse urgente aux dérives liées à l’exposition précoce aux plateformes numériques, cette décision marque une nouvelle étape dans la volonté de l’État de protéger la santé mentale et le développement des plus jeunes. Par Emmanuel EKULE
Après plusieurs semaines de concertation avec le gouvernement, le vote des députés a ouvert la voie à un examen rapide du texte par le Sénat. Les autorités souhaitent activer la procédure accélérée afin que la mesure puisse entrer en vigueur dès la prochaine rentrée scolaire. L’objectif affiché est clair : réduire l’influence des algorithmes, lutter contre l’addiction aux écrans et freiner la propagation de contenus jugés nocifs pour les enfants et les adolescents.
Les défenseurs du projet estiment que le cerveau des plus jeunes est devenu une cible commerciale majeure pour les grandes plateformes internationales. Selon eux, il ne s’agit pas seulement d’un débat technologique, mais d’un choix de société : préserver la capacité des enfants à rêver, à se concentrer et à se construire en dehors de la pression constante des réseaux. Derrière cette initiative se profile aussi une critique directe du pouvoir économique et culturel exercé par les géants du numérique, qu’ils soient américains ou chinois.
Le texte s’inscrit dans une stratégie plus large de la France, qui se veut pionnière en Europe en matière de régulation des plateformes depuis 2018. En prenant cette décision, Paris espère entraîner d’autres pays du continent dans son sillage et ouvrir un débat européen sur la protection des mineurs dans l’espace numérique. Pour les autorités, il s’agit également de promouvoir une génération moins anxieuse, plus confiante et davantage attachée aux valeurs républicaines.
Si le calendrier est respecté, la nouvelle réglementation pourrait s’appliquer dès le 1er septembre prochain. Les pouvoirs publics promettent d’en assurer un suivi strict et d’évaluer ses effets sur le long terme. Reste désormais au Sénat de confirmer cette orientation, dans un contexte où la France ambitionne de devenir le premier pays européen à poser une limite aussi ferme à l’usage des réseaux sociaux par les plus jeunes.


