En RDC, controverse après la journée chômée du 1er avril annoncée par communiqué
En République démocratique du Congo, la décision de déclarer la journée du mercredi 1er avril 2026 chômée et payée continue de faire réagir. Annoncée par le ministre de l’Emploi et du Travail à la suite de la qualification historique des Léopards pour la Coupe du monde 2026, cette mesure visait à permettre aux Congolais de célébrer cet exploit sportif inédit. Mais la forme de cette annonce, faite par simple communiqué officiel, suscite une polémique sur sa validité juridique. Par Emmanuel EKULE
Plusieurs spécialistes du droit du travail estiment que cette décision ne respecte pas les procédures légales en vigueur. Ils rappellent que, conformément à l’article 119 de la Loi n°015/2002 du 16 octobre 2002 portant Code du travail, les journées chômées et payées doivent être fixées par voie réglementaire, notamment par arrêté ministériel. Un simple communiqué, selon eux, ne suffit pas à conférer un caractère obligatoire à une telle mesure.
Sur le terrain, cette incertitude juridique crée des tensions entre employeurs et travailleurs. Certaines entreprises ont maintenu leurs activités, exigeant la présence de leurs employés, tandis que d’autres ont suivi le communiqué ministériel. Dans les cas où des salariés se sont absentés, des sanctions disciplinaires ou des retenues sur salaire ont été envisagées, voire appliquées, par des employeurs se considérant dans leur bon droit.
Cette situation relance le débat sur la sécurité juridique en RDC et sur la nécessité pour les autorités de respecter les procédures administratives. Pour de nombreux observateurs, seule la publication d’un arrêté ministériel en bonne et due forme permet d’éviter toute ambiguïté et d’assurer une application uniforme des décisions sur l’ensemble du territoire national.


