À l'ONU, la France plaide pour une traçabilité renforcée des minerais afin de tarir le financement des groupes armés en RDC
La France a appelé, lundi 13 juillet, devant le Conseil de sécurité des Nations unies réuni sous la présidence de la République démocratique du Congo, à renforcer les mécanismes internationaux de traçabilité des ressources naturelles pour empêcher que leur exploitation ne finance les groupes armés dans l'est du pays.
S'exprimant au nom de la France, Jérôme Bonnafont a souligné que les mécanismes multilatéraux existants doivent être appliqués avec rigueur afin de rompre le lien entre le pillage des ressources naturelles et les conflits. Il a notamment cité le Processus de Kimberley, les travaux de l'OCDE sur le devoir de diligence, l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) ainsi que les initiatives de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.
Cette intervention intervient alors qu'un récent rapport de l'ONG Global Witness affirme que plus de 2 000 tonnes de coltan provenant des mines de Rubaya, dans le Nord-Kivu, auraient été introduites clandestinement sur les marchés internationaux. Selon l'organisation, cette zone stratégique, qui représente environ 15 % de la production mondiale de tantale, est exploitée par le M23, dont les activités seraient en partie financées par les revenus tirés de ces minerais.
Global Witness indique que le coltan est ensuite acheminé illégalement vers le Rwanda, où son origine devient difficile à établir avant son intégration dans les chaînes d'approvisionnement mondiales. L'ONG estime que cette situation révèle les failles persistantes des mécanismes de traçabilité et appelle à un renforcement des contrôles sur les minerais issus des zones de conflit.


