Ébola en Afrique centrale : L’ombre de la RDC plane sur la victoire ougandaise
Alors que Kampala célèbre l'extinction du virus sur son sol après six semaines sans nouveau cas, l'épidémie continue d'enflammer cinq provinces congolaises. Par RÉDACTION
Une situation critique qui force la région à maintenir une posture d'alerte maximale.
C’est un soulagement sous haute tension pour l’Ouganda. En comptabilisant 42 jours consécutifs sans la moindre contamination soit deux fois la période d’incubation du virus les autorités sanitaires ont officiellement proclamé la fin de l’épidémie sur leur territoire. Un succès tactique appuyé par un bilan maîtrisé : sur 20 cas confirmés, 18 patients ont guéri et 2 ont succombé.
Le suivi rigoureux des cas contacts et la gestion ciblée depuis la sortie du dernier patient guéri, le 16 juin dernier, ont permis d'éteindre rapidement toutes les chaînes de transmission locales.
Mais cette victoire reste fragile, car le feu brûle toujours chez le voisin.
La République démocratique du Congo demeure en effet le véritable épicentre de la crise régionale. Le dernier bilan officiel y dessine une réalité alarmante : 3 262 cas confirmés et 1 437 décès enregistrés à travers cinq provinces, avec encore plus de 700 patients sous isolement ou hospitalisés.
L’origine des premiers cas ougandais étant directement liée à des infections importées du territoire congolais, Kampala sait que la frontière reste une passoire potentielle. Tant que le réservoir épidémique ne sera pas maîtrisé en RDC, la menace d'une réintroduction du virus pèsera sur l'Ouganda. C'est pourquoi la fin d'épidémie ne rime pas avec démobilisation : contrôles renforcés aux points de passage frontaliers et coordination permanente avec les équipes de Kinshasa restent plus que jamais à l'ordre du jour.


