Ituri : À Mahagi, l'épreuve de force entre société civile et autorités autour des barrières routières
Dans le territoire de Mahagi, les démarches d'apaisement entre la population et le commandement politico-sécuritaire n'ont toujours pas abouti. La commune rurale demeure sous haute tension à la suite de la dispersion, par les forces de l'ordre, d'un rassemblement citoyen au stade Mamba de la commune de Mahagi. La Rédaction
À l'origine de cette mobilisation, la société civile dénonce l'érection de barrières jugées illégales à travers les huit chefferies que compte le territoire de Mahagi. Les acteurs civiques pointent du doigt les agissements de la Police de Circulation Routière (PCR), de leurs responsables, ainsi que certains éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), accusés de prélever des taxes indues et d'entraver la libre circulation des personnes et des biens.
L'intervention des forces de sécurité au stade Mamba, motivée selon les autorités par la nécessité de prévenir tout risque de débordement et de préserver l'ordre public dans un contexte régional très instable, suscite de vives réactions. Selon plusieurs sources locales, les heurts enregistrés depuis le début de la semaine auraient fait plusieurs blessés.
La répression des manifestations citoyennes accentue le fossé entre les habitants et l'administration locale.
L'enjeu reste de garantir la sécurité globale sans étouffer les libertés fondamentales ni rompre les canaux de concertation.
La voie du dialogue comme alternative
Face à cette détérioration du climat social, de nombreux observateurs appellent à un changement d'approche. Plutôt que de privilégier la réponse sécuritaire, le rétablissement de la paix sociale passerait par la tenue d'une table ronde d'urgence réunissant la société civile, les chefs coutumiers et les responsables des forces de défense et de sécurité.


