Dialogue national : le Président ferme la porte politique à l’AFC/M23

27 Août 2026 - 22:18
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Dialogue national : le Président ferme la porte politique à l’AFC/M23

Le message de Félix-Antoine Tshisekedi est désormais sans ambiguïté : l’AFC/M23 ne devrait pas prendre place à la table du dialogue national. Pour le chef de l’État, le mouvement armé devra plutôt poursuivre le processus de Doha, avec au cœur des discussions le cessez-le-feu, le cantonnement et le désarmement.

Une position qui soulève déjà une question fondamentale : peut-on construire une paix durable en séparant totalement le règlement politique du règlement militaire ?

« Les armes ne donnent pas automatiquement un ticket pour le pouvoir »

À travers cette ligne, le pouvoir congolais semble vouloir éviter que la rébellion puisse transformer ses positions militaires en capital politique. Le raisonnement est simple : on ne peut pas prendre les armes contre l’État et obtenir, en même temps, une place garantie dans les institutions au nom du dialogue.

Mais l’opposition pourrait retourner la question au gouvernement : si l’objectif est réellement de mettre fin à la guerre, quelle sera la porte de sortie politique proposée aux combattants une fois le désarmement réalisé ?

Car le désarmement n’est jamais seulement une opération sécuritaire. Il doit être accompagné d’un mécanisme politique crédible permettant de traiter les causes profondes du conflit.

Doha : le véritable test

Le processus de Doha devient donc déterminant. C’est là que se jouera une partie de la crédibilité de cette stratégie.

Si Doha permet d’obtenir un cessez-le-feu effectif, un cantonnement vérifiable et un désarmement réel, Kinshasa pourra considérer que sa ligne politique est cohérente : les armes d’abord, la politique ensuite.

Mais si le processus s’enlise, une question risque de revenir avec davantage de force : faut-il continuer à exclure l’AFC/M23 du dialogue politique ou faudra-t-il finalement trouver une formule permettant de traiter simultanément la question sécuritaire et la question politique ?

L’opposition face au dilemme

Pour l’opposition congolaise, le véritable enjeu ne devrait pas être simplement de savoir si l’AFC/M23 aura une chaise autour de la table. Il faut surtout s’interroger sur la nature, le mandat, les participants et les résultats attendus du dialogue national.

Un dialogue ne doit pas devenir un simple exercice de communication politique. Il doit permettre de répondre aux grandes crises qui paralysent le pays : guerre dans l’Est, gouvernance, sécurité, cohésion nationale, institutions, élections et avenir politique de la République.

Exclure l’AFC/M23 peut se défendre au nom du principe républicain. Mais exclure la question politique qui se cache derrière la crise sécuritaire serait une erreur stratégique.

La vraie bataille commence maintenant

Le discours présidentiel ferme donc une porte, mais il en ouvre une autre : celle de Doha.

À l’AFC/M23, le message est clair : pas de négociation politique directe au dialogue national pour l’instant. Place au cessez-le-feu, au cantonnement et au désarmement.

Mais pour le pouvoir, le défi sera désormais de démontrer que cette stratégie produit des résultats concrets sur le terrain.

Car en politique comme en diplomatie, fermer une porte n’est jamais suffisant : il faut aussi démontrer que la porte que l’on laisse ouverte mène réellement à la paix.

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