Jeunesse congolaise : « Nous vous aimons, mais refusons de porter le poids de vos mauvaises décisions »
Nous sommes tous issus des entrailles de cette mère porteuse et nourricière qu’est la RDC. Nous partageons une même identité, une même histoire et une même appartenance : nous sommes tous Congolais.
Nous défendons notre pays, chacun selon ses capacités et ses moyens. Pour nous, l’un des moyens les plus nobles est de conscientiser, d’interpeller et d’accompagner, afin de contribuer à l’émergence d’une jeunesse libre, consciente et résiliente.
Si la Constitution devient un facteur de division, l’idéal d’un Congo véritablement démocratique doit, lui, nous rassembler.
Si nos choix politiques nous opposent, l’exigence d’un service public équitable et accessible à tous doit rester notre priorité.
Si le dialogue nous divise, posons-nous les vraies questions :
Pourquoi dialoguer si personne n’est prêt à faire des compromis et des concessions ?
Pourquoi dialoguer si la citoyenneté et l’identité nationales deviennent l’apanage des seuls politiciens ?
Pourquoi dialoguer si nous sommes prêts à réduire cette démarche à un simple casting politique ?
Nous ne pouvons pas effacer notre histoire de la mémoire collective. Mais nous pouvons décider d’écrire ensemble une nouvelle page de notre histoire. À condition de l’écrire avec responsabilité, lucidité et sens du devoir.
Je l’ai toujours dit : tant que la jeunesse ne se libérera pas des chaînes de l’obéissance politique et des appartenances partisanes, il sera difficile de parler d’une véritable rupture.
Ayons l’humilité de dire à M. Martin Fayulu que soutenir son combat ne signifie pas renoncer à notre liberté de pensée. Aucun leader politique ne peut, à lui seul, définir l’avenir d’un peuple ni prétendre détenir toutes les réponses aux questions existentielles de la Nation.
Disons également, avec respect et humilité, au président Félix Tshisekedi : nous avons placé notre confiance en vous, pas dans l’Union sacrée. En tant que chef de l’État, vous êtes directement redevable au peuple, souverain primaire. Les réussites de votre gouvernance vous reviennent, mais les échecs doivent également être assumés. Chaque décision doit être guidée par l’intérêt national, et non par les émotions ou les calculs politiques.
À ceux qui ignorent ou sous-estiment cette jeunesse, sachez-le : ne sous-estimez jamais la force d’une jeunesse consciente en ragé.
Une jeunesse qui refuse l’aveuglement partisan, qui questionne le pouvoir comme l’opposition et qui place l’intérêt national au-dessus des intérêts politiques devient une véritable force de transformation.
Le Congo n’a pas besoin d’une jeunesse enfermée dans des camps politiques. Il a besoin d’une jeunesse libre de penser, libre d’interpeller et libre de choisir.
La véritable rupture commencera lorsque nous cesserons de défendre les hommes pour commencer à défendre réellement la République .
Rachidi Mwenyi-Mwenyi
Journaliste | Analyste politique Indépendant


