Ouganda : l’opposant Sam Mugumya réapparaît très affaibli dans une vidéo après un an de disparition
Porté disparu depuis douze mois, ce proche de la figure de l'opposition Kizza Besigye a été identifié par sa famille dans une séquence diffusée sur Internet. Sa réapparition relance le débat sur les exactions et les disparitions forcées sous le régime de Yoweri Museveni. par Dieudonné UYIRWOTH JAKWONG’A
Une confirmation familiale glaçante
C’est une vidéo de quelques secondes qui secoue l’échiquier politique ougandais. Après un an d'un silence absolu qui faisait craindre le pire à ses proches, Sam Mugumya est réapparu sur les réseaux sociaux. Sur ces images, l'opposant politique apparaît particulièrement marqué, les traits tirés et le visage émacié, témoignant de conditions de détention ou d'isolement extrêmement éprouvantes.
Malgré la dégradation évidente de son état de santé, l'homme a été formellement identifié par sa propre mère, levant ainsi le doute sur son sort, mais confirmant du même coup les pires craintes de ses soutiens.
Un cadre clé de l'opposition ciblé
Sam Mugumya n'est pas un inconnu de la scène politique à Kampala. Éminente figure de l'opposition ougandaise, il est surtout connu pour être un collaborateur de longue date et un proche de Kizza Besigye, l'éternel rival politique du président Yoweri Museveni.
Sa disparition, survenue il y a tout juste un an sans aucun cadre légal ni arrestation officielle revendiquée par les autorités, s'inscrit dans un climat de répression ciblée contre les cadres et militants des partis d'opposition.
La diffusion de cette vidéo provoque une vive émotion au sein de la société civile et des organisations de défense des droits humains. Pour l'opposition, cette réapparition "mal en point" constitue une preuve matérielle irréfutable des méthodes d'intimidation du pouvoir en place.
Alors que la pression s'intensifie quotidiennement contre toute forme de contestation du gouvernement de Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, cet événement ravive avec force les accusations de kidnappings, de détention arbitraire et de disparitions forcées régulièrement imputées aux services de sécurité du pays.


