Dossier Bukanga Lonzo : discordance entre La Cour Constitutionnelle et l'Assemblée nationale
La Cour Constitutionnelle ne partage pas l'avis de l'Assemblée nationale et attend d'elle le respect de l’indépendance de la justice concernant le procès Bukanga-Lonzo impliquant l'ancien premier ministre Augustin Matata Ponyo, poursuivi pour détournement présumé de plusieurs millions de dollars américains alloués à ce grand projet agricole.
Lors de la plénière du 17 avril 2025, le député national Augustin Matata Ponyo s’est plaint devant l’assemblée nationale réclamant le respect de ses immunités parlementaires. Répondant favorablement à sa plainte le Président de la chambre basse du Parlement a demandé à la Cour constitutionnelle à suivre la procédure régulière concernant la levée des immunités du député national Matata Ponyo.
En réactions ce mercredi 23 avril 2025 en pleine audience, le Président de la Haute Cour a rappelé à Vital Kamerhe que l'assemblée nationale ne peut ni donner les injonctions, ni intervenir dans un procès en cours. Évoquant l'article 151 de la Constitution qui stipule que «Toute loi dont l’objectif est manifestement de fournir une solution à un procès en cours est nulle et de nul effet ».
Par ailleurs, la Haute Juridiction congolaise a considérée l'absence du prévenu Matata Ponyo à l'audience comme un manque de respect envers la Haute Cour et a décidée ensuite de le juger et tous les restes de prévenus par défaut.
Le ministère public requiert 20 ans des travaux forcés contre Matata Ponyo, Deogratias Mutombo et Grobler Kristo Stephanus. Le Ministère public a aussi requis 10 ans d'inéligibilité pour Matata et 5 ans d'ineligibilité Deogratias Mutombo.
Emmanuel EKULE


