Est de la RDC : pour Félix Tshisekedi l’« aveu » de Kigali met fin au doute diplomatique
Lors de son adresse au corps diplomatique accrédité à Kinshasa, samedi, le président Félix Tshisekedi a affirmé que la récente déclaration d’une haute représentante du Rwanda devant le Congrès des États-Unis, le 22 janvier 2026, constitue un véritable « aveu » de l’implication de Kigali dans le conflit à l’Est de la RDC. Une position qui, selon lui, met fin au débat sur les responsabilités dans la crise sécuritaire persistante. Par Emmanuel EKULE
Pour le chef de l’État congolais, il ne s’agit plus de simples accusations. « Cette reconnaissance n’est pas un détail de communication », a-t-il déclaré, estimant qu’elle confirme l’existence d’un appui déterminant à un mouvement insurrectionnel opérant sur le sol congolais. Kinshasa considère désormais que les faits sont établis et que la communauté internationale ne peut plus se réfugier dans l’ambiguïté.
Félix Tshisekedi a ainsi exigé des mécanismes concrets d’exécution des sanctions, structurés autour de trois piliers : le respect strict du droit international, l’application effective des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et le suivi rigoureux des engagements politiques issus des processus de paix, notamment les accords de Washington et de Doha.
Le président congolais a par ailleurs rejeté toute « justification sécuritaire » avancée par Kigali, notamment la menace des FDLR. Il a rappelé qu’aucune raison ne peut légitimer l’occupation de territoires souverains, l’installation d’administrations parallèles ni l’exploitation illégale des ressources naturelles d’un État membre des Nations Unies.
Dans un contexte marqué par l’extension du conflit vers le Sud-Kivu en 2025, ce discours est présenté à Kinshasa comme un tournant majeur.
En parlant d’« aveu », Félix Tshisekedi entend verrouiller le débat diplomatique et pousser les partenaires de la RDC à passer des déclarations aux actes, en vue de sanctions ciblées et d’un retrait effectif des forces rwandaises pour restaurer la paix dans l’Est du pays.


