RDC : la sécurité, la constitution et incertitudes électorales, Félix Tshisekedi place 2028 sous conditions
Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a relancé le débat sur l’avenir du processus électoral en liant immédiatement l’organisation de la présidentielle de 2028 à l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Par Augustin Ndjabu
Lors de la tenue de presse ce mercredi 6 mai 2026, le Chef de l’État a ouvertement posé les limites d’un scrutin en contexte de guerre. Selon lui, la crédibilité des élections repose sur le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
« Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement on ne pourra organiser les élections en 2028. On ne peut pas organiser les élections sans les parties occupées », a-t-il affirmé, le chef d'État Félix-Antoine Tshisekedi.
Cette position met en lumière un dilemme majeur : concilier impératifs sécuritaires et respect du calendrier constitutionnel. En conditionnant la tenue des élections à la fin du conflit, Félix-Antoine Tshisekedi introduit de facto l’hypothèse d’un glissement électoral, dans un cadre où certaines zones échappent encore au contrôle des autorités.
Dans l’Est de la RDC, la persistance des groupes armés et des violences continues fragilise les institutions et complique l’organisation d’un scrutin inclusif. Cette réalité alimente les inquiétudes quant à la capacité du pays à respecter ses échéances démocratiques.
Par ailleurs, le Chef de l’État a abordé la question sensible d’un éventuel troisième mandat. « Je n’ai pas sollicité de troisième mandat. Mais si le peuple le veut, j’accepterai aussi», a-t-il déclaré, en laissant planer l’ambiguïté dans une stratégie où la Constitution encadre strictement le nombre de mandats présidentiels.
Ces propos interviennent alors que l’opposition reste attachée au respect strict de l’ordre constitutionnel. En repositionnant le débat sur le terrain sécuritaire, Félix-Antoine Tshisekedi ouvre une séquence politique adéquate, où se croisent un enjeux de stabilité, de légalité institutionnelle et d’avenir démocratique du pays.


