Procès Philémon Yav : Trois années de détention, et pourtant aucune preuve décisive

24 Janvier 2026 - 11:31
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Procès Philémon Yav  : Trois années de détention, et pourtant aucune preuve décisive

Les débats ont franchi une étape cruciale devant la Haute Cour militaire dans l'affaire de trahison impliquant le lieutenant-général Philémon Yav Irung.Suite à trois ans de détention provisoire, l'affaire judiciaire demeure source de nombreuses questions, surtout à cause du manque de preuve décisive évoquée par le procureur, dans un procès où la sentence de mort est toujours en balance. Par Emmanuel EKULE

Au centre de l'accusation se trouve un appel que le suspect aurait reçu, d'après le procureur, de la part de James Kabarebe via un intermédiaire. Ce message mentionnerait un projet de déstabilisation des institutions. L'accusation soutient également que le général-major Peter Cirimwami Nkuba est cité, présenté comme un frein à ce projet, un détail que le procureur considère comme une démonstration d'accord avec des acteurs étrangers antagonistes. Rapporte Pascal Mulegwa, correspondant de RFI à Kinshasa

Toutefois, devant la Cour, l'auditeur général a admis n'avoir jamais observé lui-même le message en question. Il prétend que ce dernier aurait été supprimé par le lieutenant-général Yav Irung lors de l'étape préjuridictionnelle. Les experts ont effectivement procédé à des analyses techniques sur les téléphones récupérés, mais en vain, citant la complexité des dispositifs et l'incapacité à récupérer les données effacées.

La défense critique une procédure fondée sur des suppositions. Elle souligne que la responsabilité de prouver la culpabilité repose entièrement sur l'accusation et demande la présentation du message, considéré essentiel pour révéler la vérité. Dans une plaidoirie notable, Maître Carlos Ngwapitshi a dénoncé ce qu'il appelle « raccordement frauduleux », soulignant le principe essentiel que le doute doit profiter à l'accusé.

Quant à Philémon Yav Irung, il rejette fermement l'idée d'avoir reçu un quelconque message de James Kabarebe. Cette affaire expose d'importantes lacunes probatoires et soulève la question du respect des garanties judiciaires dans un procès si délicat, alors que la Haute Cour militaire est sollicitée pour décider du destin d'un officier supérieur des forces armées.