Sud-Kivu : Fizi en proie dans une recrudescence des violences et des pratiques illégales des armées
La province du Sud-Kivu traverse une nouvelle phase d’insécurité aiguë, particulièrement dans le territoire de Fizi où les tensions ne cessent de s’intensifier. La région de Minembwe fait face, depuis plusieurs jours, à une série d’incidents violents qui inquiètent les populations locales. La Rédaction
D’après les informations fournies par des acteurs de la société civile, des frappes menées à l’aide d’engins aériens sans pilote sont signalées depuis le 19 mars. Ces opérations seraient attribuées en une alliance regroupant les forces armées congolaises, certains groupes d’autodéfense dits “Wazalendo” ainsi que des militaires burundais.
Le bilan humain et matériel suscite une vive inquiétude. Me Jacques Alimasi, représentant de la société civile de Fizi, fait état de pertes humaines et de dégâts considérables. Il mentionne notamment le décès tragique d’un jeune adolescent, Ndikumwami Sibomana, âgé d’une dizaine d’années, atteint par des fragments explosifs dans le village de Kalongozi. Plusieurs bêtes d’élevage, dont six vaches, ont également été tuées lors de ces frappes.
Par ailleurs, des incidents ont été rapportés dans la zone de Sanza, à proximité de Mboko, dans le secteur du Tanganyika. Des échanges de tirs ont éclaté lorsque des soldats des FARDC ont tenté d’interpeller un membre d’un groupe d’autodéfense, soupçonné d’avoir couvert son fils impliqué dans un vol de bétail.
D'autres sources locales indiquent que, ce différend a dégénéré en affrontements internes entre éléments Wazalendo. L’intervention des forces régulières a permis d’apaiser temporairement la situation, bien qu’une personne ait été blessée et admise dans une structure sanitaire à Nundu.
En outre, des dénonciations émergent concernant des prélèvements financiers imposés aux habitants. Sur la presqu’île d’Ubwari, notamment dans la localité de Mizimu, des individus armés exigeraient une somme de 1 000 francs congolais à toute personne se rendant vers Baraka, sous prétexte de soutenir l’effort de guerre. Ces pratiques auraient débuté à la mi-mars 2026.
Même si un calme relatif est observé dans la cité de Sebele, après le meurtre de deux femmes issues d’une même famille, l’ensemble du territoire de Fizi demeure sous tension. À ce jour, Minembwe reste le principal foyer de ces violences persistantes.


