Tchomia : Congolais et Ougandais unissent leurs forces dans la lutte contre Ebola
Face aux menaces sanitaires le long de la frontière fluviale du lac Albert, du personnel soignant d’Ouganda et de RDC se sont déployés dimanche dernier à Tchomia. Dans l’Objectif de désamorcer les reticences communautaires et inciter les habitants à fréquenter le Centre de traitement de Kadjugi. Rédaction
Dans le territoire de Djugu, la réponse aux urgences sanitaires prend une tournure résolument transfrontalière. Dimanche dernier, dans la chefferie des Bahema Banywagi, les fidèles de plusieurs églises de Tchomia ont vu débarquer à la fin des cultes des équipes médicales venues d’Ouganda, venues prêter main-forte à leurs confrères congolais.
Cette initiative conjointe vise à briser la méfiance qui persiste parfois autour de la maladie à virus Ebola et à rappeler une règle capitale : la rapidité de la prise en charge.
Démystifier le CTE de Kadjugi Au cœur de cette descente sur le terrain, le Centre de traitement Ebola (CTE) de Kadjugi est apparu comme le point focal des échanges. Le Docteur André Tebba, qui prenait la parole devant les communautés locales, s'est employé à lever les craintes fréquemment associées à ces infrastructures spécialisées.
« Le CTE n'est pas un lieu à redouter », a en substance expliqué le praticien, rassurant l’assistance sur la qualité de l’accueil et la diversité des soins dispensés. Les patients y sont pris en charge pour diverses pathologies par une équipe mixte composée de médecins congolais et ougandais.
L’enjeu majeur reste d'éviter les consultations tardives, souvent fatales. Le corps médical exhorte donc les résidents à se présenter dès l'apparition des premiers symptômes suspects, sans attendre une dégradation de leur état de santé.
Le lac Albert, trait d'union sanitaire
La situation géographique de Tchomia, bordant le lac Albert, fait de la zone un point de passage quotidien intense avec l'Ouganda voisin. Cette porosité naturelle transforme la surveillance épidémiologique en un défi partagé.
Face aux risques de propagation, la collaboration bilatérale ne se limite plus aux échanges d'informations au sommet, mais s'incarne désormais sur le terrain, au plus près des citoyens. Les intervenants ont appelé la population à une vigilance accrue et à une franche collaboration avec les équipes de la riposte : alerte précoce, signalement des cas suspects et respect strict des gestes barrières.
Dans cette région de l'Ituri, la synergie entre soignants des deux rives et communautés locales s'affirme plus que jamais comme le rempart le plus efficace contre les épidémies.


