Abidjan rend un hommage solennel à Papa Wemba : une rue baptisée en son nom à Anoumabo, 10 ans après sa disparition
Dix ans après la disparition du roi de la rumba, Papa Wemba, la Côte d’Ivoire lui rend un hommage d’envergure internationale. Le 24 avril, à Anoumabo, quartier emblématique d’Abidjan où l’artiste avait livré sa dernière prestation, une rue a été officiellement baptisée en son nom. Un geste fort qui inscrit durablement la mémoire de cette icône de la musique africaine dans l’espace urbain ivoirien. Par Emmanuel EKULE
Au-delà de cette reconnaissance symbolique, l’artiste congolais a également été fait citoyen d’honneur et élevé au rang de Commandeur de l’ordre du mérite communal par le maire de Marcory, Aby Raoul. Cette distinction vient saluer l’héritage culturel immense laissé par Papa Wemba, dont l’influence dépasse largement les frontières de la République démocratique du Congo.
Cette cérémonie s’inscrivait dans le cadre de la commémoration des dix ans de sa disparition, organisée par le FEMUA - Festival des Musiques Urbaines d'Anoumabo, en collaboration avec la mairie de Marcory. L’événement a réuni plusieurs personnalités de haut rang, dont la ministre Mariatou Koné, l’ambassadeur de la RDC en Côte d’Ivoire Gilbert Naiya Nabina, ainsi que des responsables du développement local et des figures majeures de la scène culturelle.
Moment fort de la cérémonie, les prestations musicales ont replongé le public dans l’univers unique de la rumba congolaise. Des orchestres composés d’artistes congolais vivant en Côte d’Ivoire ont revisité les grands classiques de Papa Wemba, rappelant l’élégance musicale et stylistique de celui qui fut également une figure de proue de la SAPE, mouvement culturel et vestimentaire emblématique.
À travers cet hommage, Abidjan confirme son attachement à la culture africaine et à ses figures légendaires. La reconnaissance de Papa Wemba dans la commune de Marcory illustre la puissance unificatrice de la musique et la place centrale qu’occupe la rumba dans le patrimoine culturel du continent. Dix ans après sa disparition, la voix et l’aura du “vieux Bokul” continuent de résonner, bien au-delà des scènes qu’il a marquées de son empreinte.


