Assemblée nationale : l’UDPS joue à l’échec avec ses alliés [Salem MAPUNA, Le Politico-Psychologue]
La nomination de Peter Kazadi à la tête de la commission spéciale pour examiner les pétitions visant cinq membres du bureau Kamerhe n’est pas un simple choix administratif. C’est un coup de théâtre politique, une manœuvre claire de l’UDPS pour neutraliser celui qui, hier encore, était son allié le plus puissant et le plus populaire.
Kamerhe n’est pas un député comme les autres. Ancien président de l’Assemblée, leader de l’UNC, il représente une force organisée, une légitimité populaire, et une capacité à peser dans les équilibres nationaux. Le placer sous la menace d’une commission dirigée par Kazadi n’a qu’un seul objectif : montrer que la loyauté a un prix et que personne ne peut se tenir debout face à l’UDPS sans craindre pour sa carrière.
Mais pendant que le pouvoir s’amuse à jouer aux chaises musicales parlementaires, le pays brûle ailleurs. L’Est est toujours livré aux groupes armés, l’insécurité gagne du terrain, les populations souffrent et l’État semble plus occupé à discipliner ses alliés qu’à protéger ses citoyens. Psychologiquement, cette stratégie envoie un signal : la peur et le contrôle interne priment sur l’intérêt général.
Kamerhe, quant à lui, sort grandi de cette manœuvre. Sa marginalisation politique pourrait paradoxalement renforcer son image de résistant, celui qui ose tenir tête à un pouvoir obsédé par le contrôle plutôt que par la gouvernance. Mais la pression combinée de la commission, des pétitions et de la destitution pourrait aussi le fragiliser, révélant la part sombre de la politique congolaise : la loyauté est temporaire, la manipulation est permanente.
En définitive, cette affaire n’est pas seulement une bataille de clans. Elle est le reflet d’un État qui préfère écraser ses alliés plutôt que de répondre aux urgences sécuritaires et sociales. Si l’UDPS continue à confondre politique interne et stratégie nationale, Kamerhe pourrait bien devenir le symbole de la résistance contre un pouvoir qui oublie le peuple, tandis que la RDC navigue dans l’instabilité et l’impuissance
Salem MAPUNA l'analyste politico-psychologique


