Les JPCD s’appuient sur l’avertissement de Félix Tshisekedi pour exiger le départ de Daniel Bumba et du président de l’APK
La crise autour de la gestion de Kinshasa prend une nouvelle dimension politique. Profitant de l’onde de choc provoquée par l’avertissement lancé par le président Félix Tshisekedi au gouverneur Daniel Bumba, les Jeunes patriotes congolais de la diaspora (JPCD) haussent le ton et exigent désormais des conséquences politiques immédiates.
Dans une déclaration particulièrement sévère, l’organisation dirigée depuis la Belgique par Fabrice Kasongo Tshibangu accuse Lévi Mbuta, président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa de protéger politiquement le Gouv et d’empêcher tout véritable contrôle parlementaire sur la gestion de la capitale congolaise.
Depuis plusieurs mois, les JPCD affirment avoir multiplié les alertes sur la situation alarmante de Kinshasa. Le collectif évoque une capitale plongée dans une crise multidimensionnelle marquée par l’insalubrité chronique, l’insécurité, les difficultés de circulation, les inondations répétitives et la dégradation continue des infrastructures urbaines.
Selon le mouvement citoyen, plusieurs correspondances officielles ont été adressées aussi bien à l’Assemblée provinciale qu’aux plus hautes autorités du pays afin de pousser les institutions à agir. Mais malgré ces alertes répétées, les JPCD estiment qu’aucune mesure sérieuse n’a été engagée pour évaluer la gestion du gouverneur Daniel Bumba.
Le leader de l'organisation affirme avoir observé durant plusieurs mois le fonctionnement de l’Assemblée provinciale avant d’identifier ce qu’il considère comme le principal verrou institutionnel, le bureau de l’Assemblée lui-même. Fabrice Kasongo Tshibangu accuse le président de cette institution de neutraliser les démarches parlementaires susceptibles de mettre le gouverneur face à ses responsabilités.
Interpellations, questions orales avec débat ou autres mécanismes de contrôle auraient, selon eux, été systématiquement freinés ou empêchés.
Dans ce contexte, la récente colère affichée publiquement par le chef de l’État Félix Tshisekedi apparaît pour les JPCD comme une confirmation spectaculaire de leurs dénonciations.
Au cours de sa visite à Kinshasa, le garant de la nation avait exprimé son exaspération devant l’état de délabrement de la capitale, lançant au gouverneur un avertissement direct devenu viral : “Gare à toi”.
Cette phrase, largement relayée sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique, est désormais interprétée comme un signal politique fort adressé aux responsables de la gestion de la ville. Pour les Jeunes patriotes congolais de la diaspora, ce désaveu présidentiel démontre que les critiques contre la gouvernance actuelle de Kinshasa ne relèvent plus seulement des mouvements citoyens ou de la diaspora, mais qu’elles atteignent désormais le sommet de l’État.
L'organisation de la diaspora estime qu’en dépit de cette mise en garde présidentielle, l’absence de réaction forte de l’Assemblée provinciale soulève de nombreuses interrogations sur la volonté réelle des institutions de jouer leur rôle de contrôle démocratique. Les JPCD réclament ainsi le départ simultané du gouverneur Daniel Bumba et de Lévi Mbuta, président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Selon eux, le chef de l’exécutif provincial doit répondre du bilan jugé catastrophique de la gestion de la ville tandis que le speaker de l'organe délibérant devrait assumer sa responsabilité dans ce qu’ils considèrent comme un blocage institutionnel ayant empêché toute reddition des comptes.
À travers cette prise de position, les JPCD affirment vouloir pousser les autorités à ouvrir une nouvelle phase de gouvernance basée sur l’efficacité, la transparence et les résultats.
Pour l’organisation, Kinshasa ne peut plus continuer à fonctionner dans “l’improvisation permanente” alors que les difficultés quotidiennes de la population ne cessent de s’aggraver.


