CAN 2025 : un sacré sur tapis vert qui ébranle le football africain

18 Mars 2026 - 11:35
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CAN 2025 : un sacré sur tapis vert qui ébranle le football africain

Alors que le Sénégal célébrait sa victoire sur le terrain, une décision administrative sans précédent de la CAF vient d'offrir le trophée au Maroc. Entre stupeur et interrogations, le football africain entre dans une zone de turbulences où le droit l'emporte sur l'émotion du jeu. Par Dieudonné UYIRWOTH JAKWONG'A 

​Le gazon de la finale était encore marqué par les crampons des Lions de la Teranga quand le couperet est tombé. Par un communiqué laconique, le Jury d’Appel de la Confédération Africaine de Football (CAF) a transformé la liesse sénégalaise en un immense désarroi. En invoquant l'article 84 du règlement de la compétition, l'instance a prononcé un forfait (3-0) à l'encontre du Sénégal, sacrant ainsi le Maroc dans des conditions inédites.

​Ce n'est pas la première fois qu'un litige administratif vient ternir une compétition, mais l'ampleur de cette décision prise au sommet de la hiérarchie du football continental et concernant une finale est un séisme. Si les détails précis du litige restent flous, l'application stricte du règlement rappelle une réalité brutale, le match ne se termine plus au coup de sifflet final, mais après la validation des rapports de commissions.

​Pour les Lions de l'Atlas, ce titre "historique" laisse un goût amer à la fête. Remporter une Coupe d'Afrique sans avoir techniquement gagné la finale sur le rectangle vert place les joueurs marocains dans une position inconfortable, malgré la légitimité juridique de leur victoire.

​Un "Article 84" qui fait trembler les fédérations

​L'opacité relative entourant les motifs exacts de cette sanction alimente déjà toutes les théories. En s'appuyant sur l'article 84, la CAF envoie un signal fort de fermeté, mais elle s'expose également à une crise de confiance majeure.

​Comment justifier qu'une irrégularité n'ait pas été détectée avant le coup d'envoi de la finale ?

​Jurisprudence : Cette décision va-t-elle pousser les fédérations à multiplier les recours administratifs pour compenser les lacunes sportives ?

​La réaction du public et des observateurs ne s'est pas fait attendre. Sur les réseaux sociaux et dans les rues de Dakar, le sentiment d'injustice domine, tandis que le monde du football s'interroge sur l'image renvoyée par cette CAN 2025.

​Alors que le trophée s'apprête à rejoindre Rabat, une question demeure : le football africain sortira-t-il grandi de cette rigueur administrative, ou cette finale restera-t-elle comme celle où la bureaucratie a définitivement dépossédé les supporters de leur émotion ?