Cri d'alarme dans la chefferie de Djukoth : l'illusion des mines sacrifie la jeunesse

11 Mars 2026 - 19:32
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Cri d'alarme dans la chefferie de Djukoth : l'illusion des mines sacrifie la jeunesse

Face à l’exode massif des jeunes vers les zones minières de l’Ituri et du Haut-Uélé, les autorités locales de la chefferie des Djukoth tirent la sonnette d’alarme. Entre abandon scolaire et conditions de vie précaires, le rêve d’une fortune rapide vire au cauchemar social. Par Dieudonné Uyirwoth Jakwong'a 

​C’est un constat amer qui résonne aujourd’hui au cœur de la chefferie des Djukoth. Attirés par l’appât du gain, de nombreux jeunes, dont une part inquiétante d'enfants en âge scolaire, quittent massivement la région.

Leurs destinations : les carrières minières de Durba, Mungwalu ou encore Mambasa. Mais derrière la promesse d'une vie meilleure se cache une réalité brutale : celle d'un voyage souvent sans retour, où l'éducation est sacrifiée sur l'autel de l'illusion.

​Une fois sur place, le mirage s'évapore. Loin de la fortune promise, ces jeunes se retrouvent plongés dans des travaux pénibles, sans aucune protection contractuelle ni filet de sécurité.

​La précarité sanitaire est le premier obstacle, faute de soins, beaucoup tombent malades, et certains y laissent tragiquement la vie. Pour les survivants, le piège se referme, le manque de moyens de subsistance les bloque sur place, rendant tout retour vers leur milieu d’origine impossible.

​Face à ce drame social, les autorités locales et la société civile, sous l'impulsion de Jacques Pithua, coordonnateur de la société force vive des Djukoth, martèlent un message clair : la réussite peut être locale. Pour contrer cette fuite des cerveaux et des bras, les autorités encouragent la jeunesse à se tourner vers des alternatives durables :

​L’agriculture de proximité et le jardinage ;

​Le petit commerce ;

​Les formations professionnelles pratiques.

​La fin de l'impunité pour les transporteurs

​L'heure est également à la fermeté. Une mise en garde sévère a été adressée aux complices de ce trafic humain. Les agences de transport et les conducteurs de taxis impliqués dans le transfert de ces mineurs vers les zones d'extraction sont désormais fermement condamnés.

Dans son message jacques pithua, sous coordonnateur de la société civile Forces vives des djukoth a aussi révélé que ​Les services de sécurité ont reçu l'ordre strict de barrer la route à ces pratiques sur toute l'étendue de la chefferie. L'objectif est simple : protéger l'avenir de la communauté en gardant sa jeunesse sur les bancs de l'école ou dans des secteurs porteurs au sein de leur propre territoire.