Ituri : la route Kamaka-Nzinzi renaît de ses cendres après 40 ans d'oubli
C’est un silence de quatre décennies qui vient d’être rompu dans le territoire d’Aru. La réouverture de l’axe de desserte agricole reliant la chefferie de Kaliko-Omi à la province du Haut-Uélé marque un tournant historique pour les populations locales. Au-delà du bitume et de la terre battue, ce tronçon, désormais baptisé « Luboya Nkashama Johnny », se veut le nouveau symbole d’une paix retrouvée entre l’Ituri et le Haut-Uélé. Par Dieudonné uyirwoth jakwong'a
Depuis 1986, le tronçon Kamaka-Nzinzi n'était plus qu'un lointain souvenir sur les cartes routières, abandonné à l'érosion et à l'oubli. Pour Jean-Bosco Djamba Aloma Auzi, chef de la chefferie des Kaliko-Omi, cette réhabilitation est une libération :
« Il a fallu attendre 40 ans pour que nous soyons de nouveau reliés à nos voisins. C’est un souffle nouveau pour nos agriculteurs qui peuvent enfin évacuer leurs produits. »
En hommage à l'impulsion donnée par l'administration militaire sous l'état de siège, les autorités coutumières ont décidé d’attribuer le nom du Gouverneur militaire, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama, à cette voie stratégique. Un geste de gratitude qui souligne l'alignement des autorités locales sur la vision de développement du Chef de l'État.
L’aspect le plus symbolique de ce chantier reste l’implantation d’une nouvelle signalisation à la frontière de Nzinzi. Jadis zone de tensions et de conflits fonciers entre les chefferies de Kaliko-Omi (Ituri) et Logo-Lolia (Haut-Uélé), cet espace se transforme aujourd'hui en pont diplomatique.
L'administrateur policier du territoire d’Aru, Richard Mbambi Kingana Kitabakulu, a tenu à rassurer sur la portée de cette initiative :
Priorité à l'accueil, Les nouveaux panneaux ne sont pas des bornes frontalières de division, mais des messages de bienvenue.
Consolidation de la paix : « Nous sommes ici pour prouver la volonté d’accueillir nos voisins », a-t-il affirmé, rappelant que sans paix, le développement reste une chimère.
Cette route ne facilite pas seulement les échanges de voisinage, elle sécurise le transit jusqu’au territoire de Faradje. En enterrant la « hache de guerre », les communautés locales et les autorités ont transformé une zone de friction en un corridor économique fluide.
Alors que les premiers véhicules commencent à circuler librement du rond-point Kamaka jusqu'aux confins du Haut-Uélé, c'est toute une économie rurale qui espère désormais sortir de la précarité.


