Ituri : le goût amer de l’indépendance pour les déplacés de Djugu dans l'Est de la RDC
Alors que la République démocratique du Congo a célèbré son 66ème anniversaire d'indépendance, des milliers de déplacés internes en Ituri vivent cette journée nationale dans l'oubli. Pour eux, la souveraineté se résume à un seul cri : le droit de rentrer chez soi. Par DIEUDONNÉ UYIRWOTH JAKWONG'A
À Bunia, comme sur le site de la plaine de Savo (territoire de Djugu), le cœur n’est pas à la fête. Dans ces camps de fortune où s'entassent les civils fuyant les violences, les notions de liberté restent de lointains concepts théoriques. La faim, la promiscuité et la précarité sanitaire y dictent leur loi en lieu et place de l'État.
Pour Emmanuel Ndalo et les 80 000 âmes du site de Savo, cet exil forcé dure depuis neuf ans. Chaque 30 juin rappelle cruellement cette liberté confisquée par l'insécurité :
« Nous n’avons jamais fêté le 30 juin depuis 2017 ! Nous souffrons dans les camps. Nous demandons au Gouvernement de nous sauver et de sécuriser le retour dans nos villages respectifs. »
Si le nouveau gouverneur militaire a placé le retour digne et sécurisé de ces populations au sommet de sa feuille de route, le temps presse. Les promesses politiques ne suffisent plus. Pour ces milliers de déplacés, l'unique objectif est désormais que les célébrations de l'année prochaine se fassent, enfin, chez eux.


