OGEFREM, effort de guerre ou dérive financière ? Le spectre d'un scandale demeure
La suspension du Directeur général de l'Office de Gestion du Fret Multimodal (OGEFREM) continue de susciter des réactions. À l'origine : une supposée malversation de 1.600.000 dollars américains, dont une portion aurait été utilisée pour émettre un chèque d'un million de dollars remis à Jean-Pierre Bemba, ministre des Transports et Voies de communication, début février 2025. Par Emmanuel EKULE
D'après un communiqué émanant de la cellule de communication du ministère des Transports, cette aide financière avait pour but d'intensifier l'effort de guerre contre l'agression imputée au Rwanda et à ses complices du M23-AFC dans l'Est de la République Démocratique du Congo. Une explication qui a du mal néanmoins à persuader, tant dans l'opinion générale que parmi les membres de l'OGEFREM.
Selon des sources internes à l’entreprise publique citées par les médias, rien dans les statuts fondateurs de l'OGEFREM ne permet une telle action financière. « Aucun article du texte établissant l'OGEFREM ne permet clairement ce genre de décaissement. » « Cela ne fait tout simplement pas partie des objectifs de l'entreprise », confie une personne liée au dossier, visiblement indignée.
Cet état de choses suscite d'importantes questions concernant la chaîne de responsabilité et la gouvernance des sociétés publiques. Pour certains analystes, la mise à l'écart du PDG semble être une mesure visant à maîtriser un scandale de plus grande envergure, tandis que la décision de libérer les fonds aurait été prise dans une conjoncture politique délicate.
Selon de nombreux analystes, Jean-Pierre Bemba pourrait s'être ainsi « tiré une balle dans le pied », en se positionnant au centre d'un scandale qui ternit sa réputation et ranime la discussion sur l'usage des fonds publics en temps de crise sécuritaire. L'affaire OGEFREM, qui n'est pas encore terminée, promet encore plusieurs révélations.


