RDC–Émirats arabes unis : l’APEG ouvre une nouvelle ère de transparence et vise 10 milliards USD d’échanges d’ici 2030
La République démocratique du Congo et les Émirats arabes unis ont officiellement signé un Accord de partenariat économique global (APEG), marquant un tournant stratégique dans leurs relations bilatérales. Cet accord, paraphé à Abou Dhabi, traduit une volonté politique affirmée des deux États de renforcer la coopération économique tout en assainissant les circuits commerciaux, notamment par la lutte contre les réseaux mafieux et les pratiques opaques qui minent certains secteurs clés. Par Emmanuel EKULE
L’APEG repose sur un principe central : la transparence. Il prévoit des mécanismes de traçabilité des échanges, de facilitation douanière et de coopération institutionnelle visant à sécuriser les chaînes de valeur, en particulier dans les secteurs sensibles comme les minerais, l’agriculture et les produits stratégiques. Pour Kinshasa comme pour Abou Dhabi, l’objectif est clair : rompre avec les circuits informels et promouvoir des échanges structurés, conformes aux normes internationales.
Sur le plan économique, la dynamique est déjà perceptible. Les volumes des échanges commerciaux entre les deux pays, estimés à 1,2 milliard de dollars américains en 2020, sont passés à 3,5 milliards en 2023, avant d’atteindre 4,5 milliards USD en 2024. Grâce à l’APEG, ces échanges sont désormais projetés à 10 milliards USD à l’horizon 2030, un objectif ambitieux qui témoigne de la confiance mutuelle et du potentiel encore largement inexploité.
Un élément clé de l’accord réside dans l’établissement d’une liste de 6 000 produits congolais éligibles aux échanges préférentiels avec les Émirats arabes unis. Cette mesure ouvre des perspectives inédites pour les exportations congolaises, notamment dans l’agro-industrie, les produits forestiers transformés, les minerais certifiés, ainsi que certains biens manufacturés. Elle offre également aux opérateurs économiques congolais un accès élargi à un hub commercial mondial.
Au-delà des chiffres, l’APEG s’inscrit comme un outil de transformation structurelle de l’économie congolaise. En attirant des investissements, en favorisant la création de valeur locale et en renforçant la gouvernance économique, cet accord ambitionne de repositionner la RDC comme un partenaire crédible et compétitif sur la scène internationale.
Pour les deux pays, il s’agit moins d’un simple accord commercial que d’un engagement stratégique de long terme.


