Tshopo : privés de vaccination, les habitants de Bolila confrontés au choléra et au Mpox

19 Février 2026 - 07:59
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Tshopo : privés de vaccination, les habitants de Bolila confrontés au choléra et au Mpox

La suspension des campagnes de vaccination après l’attaque de médecins à Isangi plonge plusieurs localités de la province de la Tshopo dans une situation sanitaire alarmante. Dans le territoire de Basoko, une double épidémie de choléra et de Mpox (variole du singe) met en péril la vie de centaines d’habitants, déjà fragilisés par l’isolement géographique et le manque d’infrastructures médicales. Par Augustin Ndjabu

Situé plus de 400 kilomètres de la ville de Kisangani, le village de Bolila fait face à une montée inquiétante des cas. Selon les autorités locales, 12 cas de choléra et 14 cas de Mpox ont déjà été recensés en quelques jours seulement. Une situation qui pourrait rapidement dégénérer si aucune réponse urgente n’est apportée.

Le chef du village, Jean Francis Ilinga Mokonzi Bouwesi, tire la sonnette d’alarme. « La population est livrée à elle-même. Nous n’avons ni vaccins, ni médicaments. Les centres de santé manquent de tout », déplore-t-il. D’après lui, la suspension des activités de vaccination consécutive à l’attaque des équipes médicales dans la zone d’Isangi a laissé un vide sanitaire dont les conséquences se font aujourd’hui durement sentir.

Le choléra, maladie hydrique extrêmement contagieuse, se propage rapidement dans des zones où l’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires demeure précaire. De son côté, le Mpox, infection virale transmissible par contact étroit, nécessite une prise en charge rapide afin de limiter la propagation communautaire. L’absence de vaccination et de traitements adaptés accroît considérablement les risques de mortalité, notamment chez les enfants et les personnes vulnérables.

Dans cette région enclavée du territoire de Basoko, les structures sanitaires fonctionnent au ralenti, faute de médicaments essentiels et de personnel suffisant. Les habitants, contraints de parcourir de longues distances pour accéder aux soins, se retrouvent sans assistance médicale appropriée. La peur et la désinformation commencent également à gagner du terrain, compliquant davantage les efforts de prévention.

Des sources locales indiquent que la reprise des campagnes de vaccination dépend fortement du rétablissement des conditions de sécurité pour les équipes médicales. Cependant, chaque jour de retard augmente le risque d’une flambée incontrôlée.

Face à cette urgence, les autorités provinciales et les partenaires humanitaires sont appelés à agir rapidement pour sécuriser les zones affectées, réapprovisionner les centres de santé et relancer les activités de vaccination. Sans une intervention coordonnée et immédiate, la double épidémie pourrait s’étendre à d’autres villages du territoire de Basoko, aggravant encore la crise sanitaire dans la province de la Tshopo.

La population de Bolila, elle, attend des actes concrets. Dans un contexte où la santé publique dépend autant de la sécurité que des moyens logistiques, la suspension des campagnes de vaccination révèle toute la fragilité du système sanitaire local.

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