À la Conférence de Munich, Thérèse Kayikwamba plaide pour un cessez-le-feu en RDC sous haute exigence de redevabilité
En marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, la ministre des Affaires étrangères de la RDC, Thérèse Kayikwamba Wagner, a réaffirmé la détermination de Kinshasa à s’engager dans un nouveau processus de cessez-le-feu censé entrer en vigueur mercredi prochain. Interrogée par DW Afrique, la cheffe de la diplomatie congolaise a déclaré qu’il était impératif de « ne pas se permettre le luxe de ne pas essayer d’obtenir la paix », malgré les échecs passés. Par Emmanuel EKULE
Alors que le président angolais João Lourenço a annoncé l’entrée en vigueur imminente d’un cessez-le-feu dans l’est de la RDC, la ministre a insisté sur la responsabilité première de l’État congolais : protéger ses populations, notamment celles vivant dans des zones sous occupation rebelle. « Les populations sous occupation sont des populations congolaises », a-t-elle rappelé, soulignant que le gouvernement ne pouvait rester inactif face à la souffrance des civils.
Reconnaissant que ce ne serait pas la première tentative de trêve, Thérèse Kayikwamba a admis que certains processus antérieurs avaient échoué rapidement, tandis que d’autres avaient produit des résultats temporaires. Elle a néanmoins défendu l’approche actuelle, mettant en avant la complémentarité des initiatives diplomatiques en cours, notamment le processus de Doha, qui prévoit un mécanisme de supervision et de suivi du cessez-le-feu.
Face aux critiques évoquant un risque de « piège » alors qu’une partie du territoire reste occupée par les rebelles du M23, la ministre a réaffirmé l’exigence de redevabilité. Selon elle, aucun accord ne pourra déboucher sur une paix durable sans mécanismes clairs pour tenir toutes les parties responsables de leurs engagements. Elle a évoqué le rôle des facilitateurs internationaux, qu’ils soient issus de l’Union africaine, du Qatar ou des États-Unis, pour garantir cette responsabilité partagée.
Après près de trente ans de conflits récurrents dans l’est du pays, la diplomatie congolaise veut croire qu’une nouvelle dynamique est possible. « Il s’agit de mettre fin à cette guerre avec plus de responsabilité », a insisté la ministre, plaidant pour une coordination renforcée entre les différents processus afin d’obtenir des avancées tangibles sur le terrain et une amélioration concrète des conditions de vie des civils, premières victimes du conflit.


