Est de la RDC : Léonard She Okitundu salut les sanctions américaines contre Kigali et exclut un dialogue interne en pleine agression
Invité de France 24, Léonard She Okitundu a estimé que les sanctions américaines contre le Rwanda constituent un « avertissement solennel » adressé à Kigali. Selon lui, le timing de ces mesures, alors que Washington est engagé sur d’autres fronts au Moyen-Orient, s’explique par la violation d’engagements récents par les autorités rwandaises. « Une semaine après la signature de l’accord de Washington parrainé par le président Trump, Kigali a de nouveau équipé le M23 », a-t-il affirmé. Par Emmanuel EKULE
Pour l’ancien chef de la diplomatie congolaise, l’occupation d’Uvira, ville stratégique du Sud-Kivu à la frontière avec le Rwanda et le Burundi, a provoqué l’ire de Washington. Il assure que ces sanctions, pour l’heure bilatérales, pourraient être suivies de mesures plus contraignantes au sein du Conseil de sécurité des Nations unies. « Il y a eu une gradation. Mais il faudra des sanctions qui impactent le fonctionnement même de l’État rwandais », a-t-il plaidé.
Léonard She Okitundu juge « incohérente » la participation du Rwanda à certaines opérations de maintien de la paix, notamment au Mozambique, alors que Kigali est accusé par Kinshasa de soutenir la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) dans l’est de la République démocratique du Congo. Il estime que des sanctions plus lourdes pourraient empêcher les troupes rwandaises d’être mandatées par l’ONU.
Interrogé sur le risque d’escalade militaire, l’ancien ministre défend la position de Kinshasa. « Nous sommes en légitime défense. Ce n’est pas nous qui avons attaqué le Rwanda », a-t-il déclaré, accusant Kigali d’occuper « deux provinces importantes » du pays. Selon lui, chaque violation du cessez-le-feu contraint les autorités congolaises à réagir pour protéger la population et préserver l’intégrité territoriale.
Pour Léonard She Okitundu, les sanctions constituent déjà une « reconnaissance formelle de l’agression » dont la RDC se dit victime, en violation de la Charte des Nations unies et de l’acte constitutif de l’Union africaine. Il appelle la communauté internationale à recourir à une « diplomatie coercitive » afin d’imposer la paix, estimant que l’option militaire pour résoudre la crise a été écartée au profit de négociations.
Sur les appels de l’opposition à un dialogue inclusif, l’ancien responsable congolais marque enfin sa divergence. S'il reconnaît que le dialogue a souvent été un mécanisme clé dans l’histoire politique du pays, il considère que le conflit actuel est avant tout externe.
« Dès lors que le pays est attaqué, chaque patriote doit se sentir concerné », a-t-il insisté, comparant la situation congolaise à celle de l’Ukraine face à la Russie, où, malgré les divergences internes, la priorité demeure la réponse à l’agression.


