La RDC se dote 'd'une juridiction pénale économique et financière pour lutter contre la corruption
La République démocratique du Congo vient de franchir une nouvelle étape dans le renforcement de la lutte contre la corruption et les crimes économiques. Le pays s’est doté d’un tribunal pénal économique et financier chargé de poursuivre et de juger les infractions graves liées à la gestion des ressources publiques. Par Augustin Ndjabu
L’annonce officielle a été faite à la suite d’une ordonnance présidentielle rendue publique samedi 14 mars 2026 à la télévision nationale par le porte-parole adjoint du chef de l’État, Roger Kalenga.
Une juridiction spécialisée contre les crimes économiques
D'après Roger Kalenga, cette nouvelle juridiction est instituée conformément à l’article 149, alinéa 6 de la Constitution et relève de l’ordre des juridictions judiciaires. Elle aura pour principale mission de traiter les affaires liées aux détournements de deniers publics, aux faits de corruption ainsi qu’à d’autres infractions économiques et financières jugées graves.
Cette instance judiciaire spécialisée aura également pour responsabilité d’examiner, d’instruire et de juger les dossiers relevant de ces infractions, dans l’objectif de renforcer l’efficacité de la justice dans la répression des crimes financiers.
Une autonomie administrative et budgétaire
D’après les précisions apportées par le porte-parole adjoint de la présidence, le Tribunal pénal économique et financier bénéficiera d’une autonomie dans son fonctionnement. Il disposera notamment d’un budget propre inscrit dans la loi des finances ainsi que d’un règlement intérieur encadrant son organisation.
Le siège de cette juridiction est établi à Kinshasa, capitale du pays et centre des principales institutions de l’État.
Une réforme inscrite dans les discussions gouvernementales
La création de ce tribunal intervient dans la continuité des réflexions menées au sein du gouvernement. Lors de la 78ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres, le ministre de la Justice et garde des Sceaux avait présenté le projet d’ordonnance-loi portant création, organisation et fonctionnement du Tribunal économique et financier ainsi que du Parquet national financier qui lui est associé.
Le compte rendu officiel indique que ce texte résulte d’une version revue et améliorée du projet initial après examen au sein de la commission politique, administrative et juridique (PAJ) de l’Assemblée nationale lors de la plénière du 15 mai 2025.
Des recommandations issues du Parlement et des réformes judiciaires
La version finale du projet prend également en compte plusieurs recommandations formulées par les députés nationaux lors de la session parlementaire de septembre.
Le texte avait été initialement présenté par l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, qui avait souligné que cette réforme s’inscrivait dans les engagements du pays en matière de modernisation du système judiciaire et de renforcement de la gouvernance publique.
Cette initiative s’inscrit également dans les efforts de transparence encouragés par plusieurs partenaires et institutions financières internationales.
Un parquet financier pour renforcer les poursuites
Par ailleurs, les recommandations issues des États généraux de la justice, clôturés en novembre 2024, avaient préconisé la création d’un parquet financier spécialisé.
Considéré comme un organe clé dans la lutte contre la criminalité économique, ce parquet aura pour mission principale de conduire des enquêtes approfondies et d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs présumés de détournements de fonds publics et d’actes de corruption.
À travers la mise en place de ces nouvelles structures judiciaires, les autorités congolaises entendent renforcer la politique de tolérance zéro face à l’impunité et améliorer l’efficacité du système judiciaire dans la répression des crimes économiques et financiers.


