Uvira : le gouvernement relance l'hôpital militaire après les saccages imputés à l'AFC/M23/RDF

26 Février 2026 - 12:49
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Uvira : le gouvernement relance l'hôpital militaire après les saccages imputés à l'AFC/M23/RDF

L’hôpital militaire d’Uvira, dans la province du Sud-kivu, entame sa réhabilitation à la suite des lourds dégâts matériels enregistrés durant l’occupation puis le retrait de la coalition M23-RDF. Le mercredi 25 février 2026, deux émissaires de la Présidence ont officiellement remis 54 nouveaux lits d’hospitalisation entièrement dotés d’équipements, quelques jours après l’acheminement de 35 tonnes de produits pharmaceutiques et d’intrants médicaux destinés aussi bien aux militaires qu’aux civils. Par Augustin Ndjabu

D’après des responsables sanitaires locaux, ces lits médicalisés de dernière génération, ajustables en hauteur et pourvus de barrières latérales, de potences porte-perfusion, de roulettes avec frein central et de matelas antibactériens, ont pour objectif d’améliorer la sécurité des malades et d’optimiser les conditions de travail du personnel soignant.

« Nous revenons au nom du Chef de l’État afin d’apporter une réponse aux besoins urgents exprimés après les pillages, notamment en lits, en eau potable et en ambulance », a affirmé l’un des conseillers présidentiels.

Avant les dégradations, la capacité d’accueil de cette structure hospitalière militaire avoisinait la cinquantaine de places. Cette nouvelle dotation devrait permettre de rétablir un seuil minimal de prise en charge pour les blessés liés aux combats ainsi que pour les patients requérant des soins médicaux et chirurgicaux.

Des cadres de l’établissement évoquent des services complètement vidés : lits démontés, matelas emportés, armoires à pharmacie forcées et réserves de médicaments disparues. Les circuits d’eau et d’électricité auraient également subi des dommages, mettant en péril l’hygiène hospitalière et la continuité des prestations médicales. Au-delà de l’hôpital militaire, plusieurs infrastructures d’Uvira, établissements scolaires, centres de santé, édifices administratifs, lieux de prière et sociétés privées ont été touchées par des actes de vandalisme et de pillage, accentuant la crise humanitaire dans la zone.

Selon des experts en santé opérant en contexte de conflit, la remise en service d’un hôpital dépasse la simple fourniture de mobilier. Elle nécessite aussi la sécurisation des bâtiments, le rétablissement d’un accès fiable à l’eau potable, l’approvisionnement constant en électricité et en matériel de stérilisation, la disponibilité permanente de médicaments essentiels ainsi que la dotation en ambulances médicalisées.

Les autorités congolaises soutiennent que cette action s’inscrit dans un programme global de redynamisation des services publics dans cette cité stratégique située sur les rives du lac Tanganyika, en adéquation avec les orientations du chef d’État.