Ebola en RDC : Le Gouvernement appelle à une mobilisation communautaire totale
Face à la progression de l’épidémie de la maladie à virus Ebola (souche Bundibugyo) dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, le gouvernement central accentue sa stratégie de riposte. Intervenant ce mardi 7 juillet dans l'émission Parole aux auditeurs sur Radio Okapi, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a lancé un appel vibrant à l'implication directe de toutes les couches de la population pour briser la chaîne de transmission. La Rédaction
Une progression alarmante dans trois provinces
Déclarée officiellement le 15 mai 2026, l'épidémie continue de s'étendre dans l'Est du pays. Trois provinces sont particulièrement frappées par le virus : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Les derniers chiffres publiés par le gouvernement le dimanche 5 juillet témoignent de la gravité de la situation sanitaire :
1. 1 561 cas confirmés
2. 506 décès enregistrés
3. 253 guérisons
Après un peu plus de 50 jours de crise, le porte-parole du gouvernement a tenu à rassurer sur le déploiement des moyens étatiques, affirmant que les autorités ont "pleinement pris la mesure du défi". Une riposte qualifiée de robuste a été déployée en urgence pour contenir la maladie, notamment dans les principaux centres urbains.
« Il fallait s’assurer que Bunia a la capacité de lits qu’il faut pour accueillir à la fois les malades et les cas contacts. En plus, un dispositif de prise de température, de lavage des mains et d’autres activités de sensibilisation ont été mis en place », a précisé Patrick Muyaya.
Pour encourager le dépistage précoce et lever les barrières financières, le ministre a rappelé une mesure phare : la gratuité totale des soins de santé pour toutes les pathologies dans l’ensemble de la province de l’Ituri. Si la RDC capitalise sur son expertise historique et sa longue expérience de la gestion d'Ebola, l'accent est désormais mis sur la prévention stricte.
Pour le gouvernement, la clé de la victoire contre le virus ne réside pas uniquement dans les centres de traitement, mais d'abord au sein de la communauté. Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité absolue d'une appropriation de la riposte par les acteurs de terrain.
« Nous avons davantage besoin de l’implication communautaire à la base : des élus locaux, des élus nationaux, des sensibilisateurs, des motards, des chauffeurs, des orpailleurs, des mamans maraîchères, des Églises, pour que nous tous puissions prendre conscience de la maladie et qu’on travaille pour la vaincre ensemble », a conclu le ministre.
Face à un virus qui gagne du terrain, l'exécutif congolais mise donc sur une formule claire : une riposte médicale renforcée quotidiennement, portée par une vigilance collective et citoyenne.


