Inspection générale du Travail : une nomination controversée plonge l’administration dans une crise ouverte
L’Inspection générale du Travail (IGT) traverse une zone de fortes turbulences depuis la nomination controversée de Jean-Paul Mboma Muyuku au poste de Secrétaire général, en remplacement de Pyana Ézéchiel. Une décision qui suscite incompréhension, indignation et résistances internes, dans un contexte déjà fragile au sein de l’administration publique congolaise. Par Emmanuel EKULE
Selon plusieurs sources internes concordantes, Jean-Paul Mboma Muyuku occupait précédemment les fonctions d’Inspecteur général du Travail ad intérim, sans avoir été confirmé comme titulaire. Il aurait par ailleurs été suspendu par la hiérarchie pour des fautes graves d’administration, notamment des comportements jugés incompatibles avec la fonction publique, dont l’ivresse pendant les heures de service. Ces éléments soulèvent de sérieuses interrogations sur l’opportunité et la légalité de sa récente nomination.
Toujours selon ces sources, cette décision relèverait d’une faute grave imputée au Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, évoquée en interne comme une possible « erreur matérielle ». À ce jour, aucune communication officielle du VPM n’est venue clarifier les motivations, la procédure ou le fondement juridique de cette nomination.
Les mêmes sources rappellent que, conformément aux textes en vigueur, il revient au ministère du Travail — et non à la Fonction publique — de notifier, installer et coordonner la remise et reprise entre le Secrétaire général entrant et sortant de l’Inspection générale du Travail. Ce chevauchement de compétences serait à l’origine d’un profond malaise institutionnel.
D’autres accusations, plus sensibles encore, circulent au sein de l’administration. Jean-Paul Mboma Muyuku aurait été écarté par le passé pour des propos jugés discriminatoires et à caractère tribal, notamment à l’encontre des agents originaires de l’espace katangais. Ces allégations, bien que non encore établies par une décision judiciaire, alimentent un climat de défiance et de fracture interne.
La remise et reprise annoncée par la Fonction publique aurait, selon plusieurs témoignages, été imposée de force par l’Inspection générale de l’administration publique. En signe de protestation, les responsables de l’Inspection générale du Travail auraient boycotté la procédure, dénonçant des décisions jugées illégales, contraires aux normes administratives et aux textes réglementaires en vigueur.
Face à l’ampleur de la crise, le ministre du Travail s’est rendu, vendredi dernier vers 16 heures, au siège de l’IGT, après sa partie au Conseil des ministres. Il a échangé avec l’Inspecteur général du Travail afin d’évaluer la situation et tenter de rétablir l’ordre administratif. Son retour est attendu pour apporter des clarifications et arbitrer définitivement ce dossier explosif.
En arrière-plan, des luttes d’influence sont évoquées. Certaines sources parlent d’une volonté du VPM d’imposer Jean-Paul Mboma Muyuku, tandis que d’autres évoquent un rapprochement politique et une supposée mainmise du parti présidentiel sur l’Inspection générale du Travail.
Mboma Muyuku est également accusé d’avoir financé certains communicateurs et journalistes pour promouvoir son retour, malgré les griefs graves qui pèsent sur son parcours administratif — des accusations qui renforcent la perception d’un malaise profond au sommet de l’IGT.


