Ituri/Mahagi : face aux caprices du climat, l'heure est à l'adaptation agricole

24 Février 2026 - 07:33
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Ituri/Mahagi : face aux caprices du climat, l'heure est à l'adaptation agricole

Depuis le début de l’année 2026, un phénomène météorologique inhabituel perturbe le quotidien des agriculteurs du territoire de Mahagi. Alors que la saison des pluies est traditionnellement attendue pour le mois de mars, des précipitations précoces s’abattent sur la région depuis janvier, brouillant les repères du calendrier cultural de la saison A. Par Dieudonné UYIRWOTH JAKWONG'A 

​Interrogé par notre rédaction, l’ingénieur agronome Ulangi Théophile, Inspecteur territorial de l’agriculture et de la sécurité alimentaire à Mahagi, est formel : nous subissons les effets directs du changement climatique.

​« La raison est le changement climatique. Les agriculteurs doivent apprendre à s’adapter au rythme de ce changement par rapport aux pratiques agricoles exercées », a-t-il expliqué avec insistance.

​Pour éviter des pertes de récoltes massives, l’inspecteur territorial préconise une stratégie! Préparation du sol : Les travaux de labour doivent se poursuivre activement. Profitant d'une terre encore meuble grâce aux pluies précoces, les agriculteurs sont encouragés à accélérer la préparation de leurs champs.

​Cultures de résistance (autorisées dès maintenant) : Pour les terrains déjà prêts, certaines semences capables de supporter d'éventuels retours de forte chaleur peuvent être mises en terre. C'est le cas de :

​La patate douce et le manioc ;​ Le mil et le sorgho.

​Cultures sensibles (à reporter) : L'ingénieur conseille d'attendre le mois de mars pour les cultures plus fragiles telles que :

​Le haricot, le soja et l'arachide ;​ le maïs et le riz.

​Ces cultures peuvent toutefois être tentées dès à présent dans les bas-fonds, où l'humidité constante du sol garantit leur survie.

​Un enjeu économique majeur pour l’Ituri

​Le territoire de Mahagi ne peut se permettre une saison blanche. Véritable poumon économique de la province de l’Ituri, l’agriculture y demeure le dénominateur commun et la principale source de subsistance pour la population.

​L’appel de l’Ingénieur Ulangi Théophile sonne donc comme une mobilisation générale : face à une nature qui change, la résilience et l'observation technique deviennent les meilleurs outils de l'agriculteur moderne.