Matata Ponyo dénonce le tribalisme et la « justice à coloration ethnique » en RDC
Dans une interview accordée à TV5 Monde, l’ancien Premier ministre congolais et opposant du régime en place Augustin Matata Ponyo est sorti de son silence. S’exprimant depuis l'exil sur la situation politique, sécuritaire et judiciaire du pays, il a vivement critiqué ce qu’il qualifie de dérive tribale dans la gouvernance et dans le fonctionnement de la justice congolaise. Par Martin EKAMA
Proche du président honoraire Joseph Kabila, celui que l’on surnomme « l’homme à la cravate rouge » a évoqué, lors de cet entretien diffusé mercredi 28 janvier 2026, les circonstances de son jugement ainsi que le climat politique actuel en République démocratique du Congo. Selon lui, son procès est l’illustration parfaite d’une justice instrumentalisée à des fins politiques et ethniques.
« Imaginez-vous que je n’ai été jugé que par des gens qui appartiennent à une tribu du président de la République. Le premier juge était du Kasaï, le deuxième juge aussi, et le juge de la Cour de cassation également. Comment, dans un pays de plus de 450 tribus, un ancien Premier ministre peut-il être jugé uniquement par des juges issus d’une même communauté ? C’est un jugement tribalo-ethnique », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il considère comme une grave entorse aux principes d’impartialité de la justice.
Abordant la question sécuritaire, Matata Ponyo estime que le véritable problème de la RDC ne réside pas seulement dans les rébellions armées.
« Il faut se poser la question de savoir ce qui est à la base de ces rébellions », affirme-t-il, pointant du doigt la mauvaise gouvernance chronique, une gestion de l’État fondée sur le favoritisme, la famille, la tribu et le copinage.
Pour l’ancien chef du gouvernement, c’est cette gouvernance qu’il juge défaillante qui fragilise durablement la cohésion nationale et la stabilité du pays.


