Quand l’incapacité devient un risque quotidien l'analyse de Salem MAPUNA le politico-psychologique
L’atterrissage chaotique du président à N’djili est loin d’être un simple incident technique. C’est un symptôme d’un mal plus profond, celui d’une gouvernance paralysée par l’incompétence et l’inaction.
Aujourd’hui, on parle de coupures électriques à l’aéroport, de techniciens jugés incompétents, de protocoles non respectés… Mais combien d’entre nous vivent cela au quotidien, loin des caméras et des projecteurs ? La SNEL qui n’arrive pas à fournir une électricité fiable, le ministre des Transports qui reste silencieux et inefficace, ce sont ces dysfonctionnements structurels qui font que le peuple paie la facture chaque jour.
Sanctionner le commandant de l’aéroport ? C’est spectacle politique. Mais le vrai problème, c’est que les responsables de la panne structurelle – la SNEL, le ministère des Transports, la direction de la RVA – restent impunis et invisibles, tandis que les citoyens, eux, subissent les conséquences sans cesse. Chaque coupure, chaque retard, chaque dysfonctionnement devient une leçon amère : l’État fonctionne à l’économie d’urgence, jamais à l’anticipation.
Psychologiquement, cette situation instille dans le peuple un sentiment d’abandon : pourquoi les infrastructures critiques seraient-elles fiables pour les VIP et non pour la population ? Pourquoi la sécurité et le confort des citoyens ordinaires n’intéressent-ils personne ?
En définitive, ce qui s’est passé à N’djili n’est pas qu’un incident aéroportuaire. C’est le reflet d’un système malade, où l’inertie des responsables, l’indifférence des ministres et la faiblesse des institutions coûtent chaque jour à la nation entière. Tant que la gouvernance restera spectacle et non responsabilité, le peuple continuera de vivre dans l’ombre des échecs qu’on prétend réparer.
Salem MAPUNA l'analyste politico-psychologique


