RDC : Jean-Marc Kabund dénonce la crise multidimensionnelle et exige un dialogue politique inclusif
À l’occasion de la cérémonie d’échange de vœux avec les partis membres de la Coalition de la Gauche Congolaise (CGC), son président, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, a dressé un tableau sombre de la situation politique, sécuritaire et socio-économique de la RDC, tout en réaffirmant l’ambition de sa plateforme de s’imposer comme une alternative crédible sur l’échiquier national. Par Emmanuel EKULE
Dans son discours, M. Kabund a souligné que, moins d’un an après sa création, la CGC s’est hissée parmi les principales forces politiques et sociales du pays, grâce à un travail collectif fondé sur des valeurs de justice sociale, de solidarité nationale et de défense des intérêts fondamentaux du peuple congolais. Il a insisté sur le fait que cette dynamique ne relève ni du hasard ni d’un leadership individuel, mais d’une vision partagée au sein de la gauche congolaise.
Le président de la CGC a ensuite décrit une crise multidimensionnelle marquée par une pauvreté persistante, un chômage massif des jeunes, la dégradation des infrastructures et une insécurité croissante dans plusieurs régions. Selon lui, la criminalité urbaine et rurale est le symptôme direct d’un désespoir social alimenté par la mauvaise gouvernance, la corruption, l’impunité et l’effritement de l’autorité de l’État.
Abordant la situation sécuritaire, Jean-Marc Kabund a pointé les violences persistantes dans l’Est du pays, en Ituri ainsi que l’extension de l’insécurité vers le Grand Bandundu et la périphérie de Kinshasa. Face à cette réalité, la CGC plaide pour un dialogue politique véritablement inclusif, qu’elle considère comme une étape nécessaire pour imposer un cessez-le-feu, restaurer la cohésion nationale et baliser la voie vers des élections crédibles et apaisées.
Toutefois, l’opposant a rejeté toute initiative de dialogue définie unilatéralement par le pouvoir en place. Il a posé des conditions jugées non négociables, notamment le respect de la Constitution, de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale, ainsi que des préalables tels que la libération des prisonniers politiques, le retour des exilés et l’ouverture de l’espace public.
Jean-Marc Kabund a enfin mis en garde contre les risques de balkanisation du pays, dénonçant les ambitions régionales et l’exploitation des faiblesses internes de la RDC. Il a appelé à une refondation structurelle de l’État congolais, estimant que seule une gouvernance rationnelle et responsable permettra de garantir la sécurité, la souveraineté nationale et l’organisation des élections dans les délais constitutionnels prévus pour 2028


