RDC : gouvernement d'union nationale, le risque d’une composition superfétatoire !
La République démocratique du Congo (RDC) traverse une période politique charnière. La réélection de Félix Tshisekedi en 2023, contestée par certains opposants, a ravivé les tensions dans un pays encore marqué par l'instabilité politique et la crise sécuritaire dans sa partie Est. Dans ce contexte, la perspective d'un gouvernement d'union nationale soulève interrogations et espoirs. Est-ce une véritable démarche d'inclusivité ou une stratégie pour sauver un mandat affaibli ?
Un contexte post-électoral tendu : La victoire de Tshisekedi en 2023 s'est déroulée dans un climat électoral contesté. Si la Commission électorale nationale indépendante (CENI) l'a proclamé vainqueur, plusieurs candidats de l'opposition ont remis en cause la transparence du scrutin. Dans une telle ambiance, proposer un gouvernement d'union nationale pourrait être perçu comme une tentative d'apaisement politique.
Une stratégie politique plus qu'une volonté de réconciliation ? L'histoire politique de la RDC montre que les gouvernements de coalition ont souvent répondu à des logiques de survie politique plutôt qu'à une réelle volonté de réconciliation nationale. En intégrant des figures de l'opposition, Tshisekedi pourrait chercher à Consolider sa majorité au Parlement ; Réduire les critiques internes et internationales ; Donner l'image d'un président rassembleur, soucieux de l'intérêt national.
Cependant, une telle démarche n'est pas sans risques : Dilution des responsabilités au sein du gouvernement Instabilité politique accrue si les ambitions personnelles priment ; Perception d'une faiblesse politique.
Les calculs des forces politiques : La coalition au pouvoir, l'Union sacrée de la nation, bien que majoritaire, reste fragile dans sa cohésion. De nombreuses voix discordantes s'y expriment. Côté opposition, certains leaders pourraient être tentés par une participation au gouvernement en échange de portefeuilles stratégiques, au risque d'être taxés d'opportunisme.
Une réponse à la pression populaire et internationale : Les Congolais attendent des résultats concrets : fin de l'insécurité à l'est, lutte contre la corruption, création d'emplois. Un gouvernement d'union nationale sans résultats palpables serait perçu comme un simple partage du pouvoir. Les partenaires internationaux, quant à eux, poussent à l'inclusivité, mais attendent aussi des avancées réelles.
Le gouvernement d'union nationale en gestation pourrait répondre à un double objectif : stratégique, pour renforcer un mandat fragilisé, et politique, pour donner une image d'ouverture. Mais son succès ne pourra se mesurer qu'à l'aune des actes posés et des réformes engagées. Sans volonté sincère de transformation, cette initiative risque de n'être qu'une opération de communication.
Pour ce, les consultations politiques ont débuté depuis la semaine dernière à Kinshasa où les acteurs politiques et autorités du pays discutent autour de cet enjeu colossal pour la survie de la nation congolaise.
Exaucé MWANO


