Urgence humanitaire à Mahagi : plus de 50 000 déplacés dans la chefferie de Djukoth

13 Avril 2026 - 15:31
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Urgence humanitaire  à Mahagi : plus de 50 000 déplacés dans la chefferie de Djukoth

Ce lundi 13 avril 2026, la société civile de la chefferie des Djukoth a lancé un cri d'alarme à Ndama, documentant une crise humanitaire sans précédent dans le territoire de Mahagi, précisément dans sa partie frontalière avec le territoire de Djugu. Depuis 2024, les affrontements violents entre les forces loyalistes et les milices dans le territoire voisin de Djugu ont provoqué des vagues de déplacements massifs vers les zones de santé de Logo et de Rimba. Par Dieudonné  UYIWOTH JAKWONGA

​Selon l’alerte accablante n° 01/SOCIDJUK/2026, la région a enregistré trois vagues successives de déplacés en provenance de Bule, Sanduku et des environs. Les chiffres sont alarmants :

1.​Zone de Santé de Logo : 19 019 personnes déplacées réparties dans 7 982 ménages.

2.​Zone de Santé de Rimba : 32 147 personnes déplacées.

​Total : Plus de 51 166 personnes vivent actuellement dans une précarité extrême.

​La majorité de ces déplacés sont des femmes enceintes, des mères allaitantes et des enfants de moins de 15 ans. Parmi eux, 14 536 enfants en âge scolaire ont été contraints d'abandonner leurs études.

​Faute de sites d'accueil aménagés, les familles sont entassées dans des églises, des écoles ou chez l’habitant. Dans les établissements scolaires, les déplacés doivent libérer les salles pendant les heures de cours, s'exposant ainsi aux intempéries et au soleil brûlant.

​La situation sanitaire est particulièrement critique :

​Sept décès d'enfants de moins de 5 ans ont déjà été signalés.

​Trois accouchements ont eu lieu en brousse, sans aucune assistance médicale.

​Cinq cas de viols sur mineurs ont été recensés.

​83 enfants non accompagnés ont été recueillis par des familles de bonne volonté, sans cadre juridique formel.

​L'accès à l'eau potable est saturé dans des localités comme Amee et Jalusene, tandis que le manque de latrines fait craindre une épidémie de maladies hydriques.

​Jacques Pithua, sous-coordonnateur de la société civile locale, appelle à une intervention d'urgence. L'organisation demande aux ONG humanitaires d'apporter une aide globale (santé, nutrition, Wash) et exhorte le gouvernement à accélérer le processus de paix et de DDRC-S pour permettre un retour à la stabilité.

​En plus de la crise sanitaire, des tensions sociales émergent, la présence de plus de 1 500 têtes de bétail appartenant à des éleveurs déplacés provoque des conflits de voisinage, menaçant la cohabitation pacifique avec la population d'accueil.