Ebola Bundibugyo : la RDC sous pression face à une épidémie sans vaccin ni traitement

19 Mai 2026 - 07:17
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Ebola Bundibugyo : la RDC sous pression face à une épidémie sans vaccin ni traitement

L’épidémie d’Ebola Bundibugyo continue de gagner du terrain en République démocratique du Congo, poussant les autorités sanitaires nationales et internationales à renforcer leur niveau d’alerte. Le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba, a annoncé un total de 513 cas suspects et 131 décès recensés dans les zones affectées, tout en précisant que les enquêtes se poursuivent afin de confirmer l’origine exacte des décès signalés. Par Emmanuel EKULE

L’Ituri demeure l’épicentre principal de la flambée avec les zones de Mongbwalu, Rwampara, Bunia et Nyankunde touchées par la propagation du virus. Au Nord-Kivu, les villes de Butembo-Katwa et de Goma figurent désormais parmi les zones officiellement concernées, illustrant l’extension progressive de l’épidémie vers des centres urbains stratégiques et fortement peuplés.

Les autorités congolaises reconnaissent que la riposte a été ralentie par certaines perceptions communautaires autour de la maladie. Selon Samuel Roger Kamba, plusieurs habitants ont d’abord assimilé les symptômes à une maladie d’origine mystique, retardant ainsi les alertes médicales et favorisant la circulation du virus dans plusieurs localités avant la mise en place des dispositifs de surveillance sanitaire.

La menace dépasse désormais les frontières congolaises. En Ouganda voisin, Africa CDC a confirmé deux cas positifs à Kampala ainsi qu’un décès, alimentant les inquiétudes d’une propagation régionale. En réaction, les structures sanitaires africaines et internationales multiplient les mesures de contrôle aux frontières, les opérations de dépistage et les campagnes de sensibilisation dans les zones à risque.

Cette nouvelle flambée, officiellement déclarée le 15 mai, représente la dix-septième épidémie d’Ebola recensée en RDC depuis 1976. Les analyses de l’INRB révèlent une souche Bundibugyo distincte des précédentes vagues de 2007 et 2012 et issue directement d’un réservoir animal. L’absence de vaccin et de traitement spécifique approuvé renforce les inquiétudes de la communauté internationale.

L’Organisation mondiale de la santé a déjà classé la situation comme urgence de santé publique de portée internationale, tandis qu’Africa CDC a décrété une urgence sanitaire continentale et débloqué un financement d’urgence pour soutenir la riposte africaine.