Ituri-Djugu: OCHA alerte sur l'aggravation les violences et crise humanitaire persistante en Janvier 2026

20 Février 2026 - 09:27
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Ituri-Djugu: OCHA alerte sur l'aggravation les violences et crise humanitaire persistante en Janvier 2026

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a publié à Bunia, le mardi 17 février 2026, un rapport préoccupant sur l’évolution de la situation sécuritaire et humanitaire en province de l’Ituri au cours du mois de janvier 2026, a appris wise.cd ce jeudi, le 19 février 2026. Les conflits armés, des déplacements massifs forcés et perturbations des services sociaux de base traduisent une détérioration continue du contexte. Par Augustin Ndjabu 

En territoire de Djugu, une localité de Bule située environ 85 kilomètres de Bunia en chefferie de Bahema Badjere, reste l’épicentre des violences. Malgré une légère baisse des combats vers la fin du mois, janvier a été rythmé par des heurts répétés entre les groupes armés. OCHA fait état de plus de 78 500 personnes ayant fui leurs villages, trouvant refuge au sein de familles d’accueil, dans des sites tels que Savo, Mbudjona et Buju, où les conditions de vie demeurent extrêmement difficiles et l’accès à l’aide humanitaire et sanitaire fortement restreint.

Ensuite, bien que les territoires de Mahagi et d’Aru aient connu une relative accalmie, les conséquences de l’insécurité persistante à Djugu continuent de s’y faire sentir. Depuis décembre 2025, près de 37 000 déplacés se sont dirigés vers Mahagi, notamment dans les zones de santé de Logo, Rimba et Kambala. La majorité d’entre eux sont hébergés par des ménages déjà fragilisés, accentuant la vulnérabilité des communautés locales.

Par ailleurs, la protection des civils demeure gravement compromise. Le rapport mentionne plusieurs cas d’arrestations arbitraires, de pillages et d’enlèvements. Le 21 janvier, au moins dix enfants ont été enlevés par des membres d’un groupe armé dans l’aire de santé de Rabu, illustrant la persistance des menaces contre les populations les plus vulnérables.

Enfin, la complexité de la menace sécuritaire continue d’alimenter l’instabilité provinciale. L’Ituri reste confrontée aux attaques des Forces démocratiques alliées (ADF), un mouvement rebelle d’origine ougandaise affilié à l’État islamique, malgré les opérations conjointes menées par les forces armées de la RDC et de l’Ouganda. À cette insécurité s’ajoute l’activisme de la Convention pour la révolution populaire (CRP), dirigée par l’ex-chef de milice Thomas Lubanga, ainsi que des tensions intercommunautaires persistantes.

Face à cette situation, les acteurs humanitaires appellent à un renforcement de la protection des civils et à une amélioration de l’accès aux populations affectées afin d’éviter une aggravation supplémentaire de la crise.