JM Kabund appelle à un dialogue incluant le M23 et refuse d’être mêlé aux différends entre Tshisekedi et Kabila

19 Février 2026 - 23:39
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JM Kabund appelle à un dialogue incluant le M23 et refuse d’être mêlé aux différends entre Tshisekedi et Kabila

Invité du Journal Afrique sur TV5MONDE, Jean-Marc Kabund a plaidé pour un dialogue national « réellement inclusif » afin de trouver une issue durable à la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la RDC. Par Emmanuel EKULE

Selon l’opposant, il serait « absurde de parler d’un forum politique sans le M23 », estimant que toutes les parties impliquées dans l’insécurité doivent être réunies autour de la table des négociations.

S’il reconnaît que le M23 constitue un acteur central du conflit, Jean-Marc Kabund affirme toutefois que « le M23 est un paravent du Rwanda », pointant du doigt l’implication de Rwanda dans la déstabilisation de l’Est congolais. Pour lui, ignorer ces « véritables acteurs de la perturbation de la paix » reviendrait à vider tout dialogue de sa substance.

L’ancien allié du pouvoir salue néanmoins l’évolution du président Félix Tshisekedi, qui a accepté le principe d’un dialogue. « C’est déjà une réussite », concède-t-il, y voyant une avancée politique notable dans un contexte marqué par de fortes tensions internes et régionales.

Mais Jean-Marc Kabund prévient : il ne reconnaît pas au chef de l’État « le droit de fixer ou de poser des préalables ». À ses yeux, un dialogue crédible ne peut être conditionné par des exigences unilatérales, au risque de compromettre son impartialité et son efficacité.

Sur la situation sécuritaire, l’opposant dénonce « l’absence de l’autorité de l’État » dans plusieurs zones de l’Est du pays. Il attribue les causes profondes de la guerre à « la mauvaise gouvernance, la confiscation du pouvoir et une gestion fondée sur la prédation des richesses », estimant que ces facteurs internes alimentent durablement l’instabilité.

Revenant sur les rivalités politiques nationales, il rappelle avoir « combattu Joseph Kabila jusqu’à la dernière minute » et affirme être à l’origine de la rupture de la coalition entre l’ex-président et Félix Tshisekedi.

« Si Félix Tshisekedi a des comptes à régler avec Joseph Kabila, qu’ils les règlent entre eux. Je ne rentre pas dans ces débats », conclut-il, marquant sa volonté de se positionner en dehors des querelles personnelles au sommet de l’État.