Kinshasa : Entre policiers et Kuluna, la population reste confuse
La population de Kinshasa, vit actuellement une situation des plus alarmantes. Au lieu de se sentir protégés par les forces de l’ordre, les habitants se retrouvent victimes de ceux-là mêmes qui sont censés assurer leur sécurité. Contat amer ! Des arrestations arbitraires, opérées aussi bien la nuit que le jour par certains éléments de la police nationale, plongent les Kinois dans un climat de peur et d’insécurité permanent. Par Exaucé MWANO
Mercredi 30 juillet 2025, la rédaction de Wise.cd est descendue sur le lieu où quelques habitants des communes ciblées se sont exprimés pour saisir les autorités locales afin de trouver une solution adéquate à ce problème ternissant l'image de la ville province de Kinshasa.
Tous dénonçant d'une même voix les abus policiers et interpellent les autorités compétentes à intervenir urgemment. «C’est désolant de constater que nos policiers arrêtent les gens en désordre, sans discernement. Pendant ce temps, les Kuluna sont ignorés, alors que ce sont eux qui nous menacent chaque soir. Aujourd’hui, ce sont les citoyens honnêtes qui sont devenus les cibles faciles de ces agents armés », a déploré Gally, un père de famille habitant la commune de Makala.
Des jeunes, également victimes de ces dérives, témoignent avec amertume. «Parfois, en rentrant de l’université vers 18 heures, les policiers commencent déjà leurs rondes. Même avec une carte d’identité ou une carte d’étudiant, vous n’êtes pas à l’abri. Ils vous arrêtent sans explication, et si vous résistez, ils menacent de faire usage de leurs armes », raconte Précieux Lutumba, un étudiant résidant à Bumbu visiblement choqué.
Autre phénomène inquiétant : la présence de personnes se faisant appeler "éclaireurs", souvent les premiers à interpeller les passants avant de les livrer à la police.
«Ces éclaireurs fouillent nos poches, vident nos sacs, prennent nos téléphones ou notre argent, puis nous remettent à leur supérieur comme si nous étions des criminels. Ensuite, ils nient avoir pris quoi que ce soit. Je me demande de quel droit ils agissent ainsi ? C’est triste et révoltant », dénonce Gael Lueso, jeune débrouillard de la commune de Kalamu dans le quartier Yolo Nord.
Un appel à l’intervention urgente
Face à cette situation, les habitants des communes de Makala, Bumbu et Kalamu appellent les autorités locales, la hiérarchie policière ainsi que le ministère de l’Intérieur à prendre leurs responsabilités. Une enquête indépendante sur ces abus pourrait permettre de restaurer la confiance entre les forces de l’ordre et les citoyens. Sans cela, le fossé risque de se creuser davantage, au détriment de la sécurité publique.


