La presse et la politique : 64 ans après, la sempiternelle guerre de la prééminence Édito de Martin Ekama

29 Août 2024 - 13:15
3 Oct 2025 - 17:52
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La presse et la politique : 64 ans après, la sempiternelle guerre de la prééminence  Édito de Martin Ekama

La presse, souvent qualifiée de "quatrième pouvoir", exerce une influence considérable sur les décisions. Cependant, elle est parfois caricaturée par les ayatollahs. Le journalisme, métier exigeant des résultats, tire ses racines du latin. Alors, posons-nous la question : "In torcular responsalem possumus credere ?" Peut-on croire en une presse responsable ? Par Martin EKAMA 

En tant que journaliste de la nouvelle génération, je suis passionné par l'histoire de ce noble métier. Malgré ses multiples dérapages, je reste convaincu de son importance multiséculaire.

En République démocratique du Congo (RDC), l'indépendance et le pluralisme de la presse ont réellement existé pendant la colonisation. Cependant, l'arrivée au pouvoir du président Mobutu a marqué un tournant. Son régime a exercé un contrôle étroit sur les tabloïds de l'époque. Dans les années 1990, la presse écrite, surnommée "la grande presse", a connu un essor, mais seules une dizaine de publications sur les 230 évaluées étaient régulières. La pression politique a souvent mis en péril leur survie, mais au moins, le refus de la manipulation avait un sens.

Face à l'urgence d'informer de manière véridique, les journalistes ont un rôle crucial à jouer, même à l'ère des NTIC. Le métier de journaliste, noble et rigoureux, ne peut être négligé.

Malheureusement, les réalités de la vie et les découvertes ont modifié l'approche des "professionnels de l'information". La liberté de la presse reste un sujet brûlant, mais la loyauté semble souvent absente dans les médias congolais. Pourquoi ? Les tractations politiques sont orchestrées par des idéologies unilatérales, et les journalistes deviennent parfois des caisses de résonance dans les conflits inter-politiques. Qu'ils soient pro-pouvoir ou pro-opposition, ils acceptent souvent leur rôle sans remettre en question les valeurs fondamentales de leur métier.

Pourtant, la presse a le pouvoir de fléchir les genoux des politiques. Mais elle ne reconnaît pas toujours pleinement ce rôle. Lors des élections générales de 2023, certains candidats pris la main dans le sac, accusés de bourrer les urnes, ont trouvé un moyen de se justifier : en corrompant des journalistes. Ces derniers ont accepté l'opprobre pour défendre l'image d'un candidat. Cette situation soulève des interrogations sur la relation entre la politique et la presse.

En fin de compte, la relation entre la politique et la presse reste complexe et souvent tumultueuse. Si la presse a le pouvoir de fléchir les genoux des politiques, elle doit également se rappeler sa responsabilité envers la vérité et l'intérêt public. Peut-être que, dans les années à venir, les journalistes congolais trouveront un équilibre entre leur rôle d'observateurs critiques et leur devoir de servir l'intérêt général. Après tout, l'histoire continue d'écrire ses propres lignes, et la presse a un rôle essentiel à jouer dans ce récit.

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