Nord-Kivu : l'insécurité contraint à fermeture de plus de 50 écoles à Njiapanda

2 Mars 2026 - 09:30
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Nord-Kivu : l'insécurité contraint à fermeture de plus de 50 écoles à Njiapanda

Dans la sous-division éducationnelle de Njiapanda, en territoire de Lubero, au Nord-Kivu, près d’une centaine d’écoles primaires et secondaires restent portes closes depuis près de trois mois. À l’origine de cette paralysie : les incursions répétées des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), qui continuent de semer la terreur au sein des communautés locales. Par Augustin Ndjabu

D’après Kambale Kaghoma Burunda, sous-PROVED intérimaire de cette entité scolaire, quelques écoles implantées dans le centre de Njiapanda poursuivent timidement les cours, dans un contexte marqué par la peur et la précarité. En revanche, dans plusieurs villages environnants, notamment à Manguredjipa et dans d’autres localités du secteur des Bapere, l’enseignement est totalement suspendu.

Les démarches entreprises par les autorités pour relancer les activités pédagogiques n’ont pas abouti. De nombreux parents, redoutant de nouvelles attaques, préfèrent garder leurs enfants à domicile. Certains enseignants et responsables d’établissements continuent toutefois de répondre présents, espérant un retour progressif à la normale.

La sous-division de Njiapanda compte parmi les zones les plus durement éprouvées par les violences attribuées aux ADF. L’attaque perpétrée le 9 septembre 2025 dans le village de Ntoyo, qui avait fait plus de 70 morts dont au moins quatre enseignants, avait profondément marqué les esprits. Ce drame, survenu à quelques kilomètres de Manguredjipa, avait entraîné une interruption prolongée des cours et provoqué un déplacement massif des familles vers des milieux jugés plus sécurisés.

Cette longue interruption du calendrier scolaire hypothèque gravement l’avenir de milliers d’élèves. Dans certaines parties du territoire de Lubero, plus de 60 % des établissements ont cessé de fonctionner en raison de l’instabilité sécuritaire, privant ainsi de nombreux enfants de leur droit à l’instruction.

Devant cette situation alarmante, les acteurs du monde éducatif et les organisations citoyennes exhortent les autorités civiles et militaires à intensifier les mesures de sécurisation afin de permettre une reprise effective et durable des enseignements.