Sauver la population n’est plus une option, mais une obligation Tribune de Salem MAPUNA
Chaque jour, pendant que nos décideurs se perdent dans des discours interminables, des villages entiers disparaissent sous les bottes des groupes armés. Ndurumo, Kinyaongo, Masisi, Walese-Vonkutu : ces noms ne sont pas des lignes sur une carte, ce sont des lieux de vie qui s’éteignent sous le silence complice des autorités.
La réalité est simple et brutale : l’Est du pays est devenu un théâtre d’ombres où l’État congolais est absent, laissant des familles à la merci des balles, des viols et des déplacements forcés. On ne peut pas appeler cela « une crise », c’est une agonie lente, organisée par des mains invisibles et tolérée par des mains visibles.
L’armée se bat, oui. Mais la question demeure : qui se bat réellement pour le peuple ? Quand les FARDC manquent de coordination, quand les Wazalendo sèment la peur au lieu de la sécurité, et quand les institutions ferment les yeux, c’est la Nation toute entière qui perd son âme.
Nos autorités doivent comprendre que la sécurité n’est pas une faveur à accorder, mais la première dette qu’elles ont envers le peuple. Gouverner, ce n’est pas inaugurer des projets budgétaires, c’est d’abord protéger des vies. Car à quoi sert un budget de 20 milliards de dollars si, au même moment, des enfants meurent dans les forêts de Masisi ou dorment à même le sol à Bunia ?
L’histoire retiendra deux choses : la souffrance des victimes et le silence des responsables. Il est temps que nos dirigeants choisissent de ne pas être du mauvais côté de l’Histoire.
Nous ne demandons pas des promesses. Nous exigeons des décisions.
Renforcer immédiatement la chaîne de commandement militaire.
Mettre fin à la stigmatisation ethnique qui nourrit la haine.
Rendre des comptes au peuple, non pas en paroles, mais en actes.
En définitive, sauver la population n’est pas une stratégie électorale, c’est une question de survie nationale. Et ceux qui refuseront de l’entendre aujourd’hui devront répondre demain devant la mémoire d’un peuple qui n’oublie jamais.
Salem Mapuna
Analyste Politico-Psychologue


