Kwilu : nouveau renvoi de la 13e conférence des gouverneurs pour des raisons organisationnelles

21 Février 2026 - 11:38
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Kwilu : nouveau renvoi de la 13e conférence des gouverneurs pour des raisons organisationnelles

La treizième édition de la Conférence des gouverneurs ne se tiendra finalement pas aux échéances annoncées. Prévue du 24 au 28 mars 2026 dans la ville de Bandundu, chef-lieu de la province du Kwilu, la session est une nouvelle fois différée. Un ajournement avait déjà été acté en décembre 2025. Ce second décalage met en lumière les obstacles rencontrés pour accueillir, pour la première fois dans l’ex-espace du Grand Bandundu, cette rencontre stratégique entre les autorités nationales et les exécutifs provinciaux. Par Augustin Ndjabu 

D’après les précisions recueillies dans un communiqué rendu public, consulté par wise.cd, cette décision découle de difficultés liées à l’organisation matérielle et aux infrastructures. Les travaux de modernisation de l’aérodrome, la dégradation de certaines voiries urbaines, l’insuffisance des structures d’hébergement ainsi que les impératifs sécuritaires ne satisferaient pas encore aux standards requis pour un rendez-vous d’envergure nationale.

Le cadre institutionnel prévu par la Constitution, la Conférence des gouverneurs rassemble les principales figures dirigeantes du pays. Sa tenue exige par conséquent des garanties strictes en matière de logistique, de sûreté et d’accueil.

Au-delà des considérations techniques, ce report revêt également une portée politique. Le choix du Kwilu visait à illustrer la volonté d’implanter les grandes assises nationales en dehors de la capitale et de consolider la dynamique de décentralisation.

Cependant, ces reports successifs projettent l’image d’une province toujours confrontée à des carences structurelles. Ils ravivent par ailleurs les interrogations sur la capacité des pouvoirs publics à programmer et à organiser des événements majeurs hors des principaux centres urbains.

D’autres entités provinciales, telles que le Maï-Ndombe, le Sud-Ubangi et Sankuru, connaissent des contraintes comparables en matière d’accessibilité et d’équipements. Leur désignation éventuelle pour abriter une manifestation nationale pourrait soulever des défis analogues.

La problématique dépasse ainsi la simple modification d’un agenda. Elle interroge la faculté effective de renforcer l’ancrage et le fonctionnement des institutions sur l’ensemble du territoire national.

Pour certains observateurs, il s’agit d’un choix responsable afin d’éviter une préparation hâtive. Pour d’autres, cette situation met en évidence les disparités territoriales persistantes.

La question demeure de savoir si ce temps supplémentaire favorisera l’achèvement rapide des aménagements au Kwilu ou s’il alimentera davantage le débat sur l’équilibre entre les provinces. Au-delà d’un rendez-vous institutionnel ajourné, c’est l’enjeu de la crédibilité du processus de décentralisation qui se trouve posé.